Sénégal : le secteur du tourisme s’oppose à la réciprocité des visas

Les autorités sénégalaises ont décidé la semaine dernière qu’à partir du 1er juillet, les étrangers, en provenance des pays de l’Union européenne comme la France, devront présenter un visa biométrique pour être autorisés à entrer au Sénégal. Cette mesure inquiète les acteurs du tourisme et de l’hôtellerie. Ces derniers tirent la sonnette d’alarme et avertissent que cela va faire perdre au Sénégal près de 105 milliards de francs CFA par an.

(De notre correspondant)

La Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique (Fopits) et le Syndicat des agences de voyages et tourisme au Sénégal (SAVTS), que dirige le milliardaire Racine Sy, en conférence a déclaré, au cours d’une conférence de presse, que la réciprocité des visas va entraîner un manque à gagner de quelque 104 milliards 784 millions de francs CFA. « Il y aura également un déficit sur les taxes aéroportuaires de 16 milliards 247 millions 665.000 francs CFA, soit un cumul estimé à 104 milliards 784 millions 230.421 francs CFA. Par contre, si la mesure est retirée, il y aura une hausse de 10%, soit 27 milliards 708 millions 488.391 francs CFA », a-t-il prévenu.

En outre, une étude d’impact réalisée dans l’hypothèse de l’application de la réciprocité des visas, révèle une baisse prévisionnelle d’environ 35% des flux touristiques vers le Sénégal correspondant à 88 milliards 536 millions 565. 421 francs CFA. Et 69 % des touristes trouvent cette décision contre-productive et les deux tiers des personnes concernées affirment qu’elles n’envisagent plus venir au Sénégal dans de telles conditions, préférant d’autres pays comme le Maroc ou la Tunisie, bien meilleurs marchés, selon elles.

Les professionnels du tourisme sénégalais comprennent mal cette décision, alors que le développement touristique est annoncé comme une priorité du programme du nouveau gouvernement, compte tenu de son potentiel sur l’ensemble du territoire.

L’Etat ne compte pas reculer

Le ministre des Affaires étrangères, qui défend ce dossier, avait soutenu que l’Etat gagnerait des centaines de milliards de francs CFA si cette mesure entre en vigueur.

Les ressortissants de ces treize pays sont concernés : France, Espagne, Belgique, Etats-Unis, Italie, Chine, Cameroun, Inde, Allemagne, Mauritanie, Afrique du Sud, Russie, Gambie. Les frais de visa sont fixés à 50 euros, hors de frais de traitement, pour un séjour de moins de 90 jours.

Cette mesure qui consiste à imposer un visa d’entrée à certains citoyens européens, particulièrement aux citoyens français, résulte d’une forte demande de la population sénégalaise. Qui s’est plainte auprès des autorités françaises au Sénégal sur des mesures restrictives d’obtention du droit de séjour en France.