Sénégal : Le directeur de publication emprisonné El Malick Seck à nouveau condamné pour diffamation

Pour la troisième fois en quatre mois, El Malick Seck, directeur de publication de « 24 Heures Chrono », un journal indépendant basé à Dakar, a été condamné pour diffamation contre certains responsables importants du gouvernement sénégalais.

Le 12 septembre 2008, il a été condamné à trois ans de prison pour
diffamation contre le Président Abdoulaye Wade et son fils. Le journal « 24 Heures Chrono » a également été suspendu pour une période de trois mois pour le même délit. Après avoir purgé sa suspension, le journal est à nouveau dans les kiosques.

Le 23 décembre 2008, Seck a été condamné à une peine supplémentaire de six mois pour diffamation contre Cheikh Tidiane Sy, ministre de l’Intérieur. En plus de ce verdict, le directeur de publication a été condamné à payer une amende de FCFA 250 000 (environ 560 $US) ainsi que la somme de FCFA 20 millions (environ 66 600 $US) au ministre à titre de dommages-intérêts.

Cette dernière condamnation fait suite à la publication d’un article dans
le numéro du 14 juillet 2008 du journal prétendant que Sy était impliqué
dans le meurtre d’un juge français à Djibouti. Selon la publication, un
document de l’Agence américaine de Développement International (USAID) a confirmé que Sy avait travaillé pour des assassins à Washington.

Par ailleurs, dans un autre procès en diffamation institué contre Seck et
Maké Dagnokho, reporter de « 24 Heures Chrono », les deux ont été condamnés à un an de prison avec sursis pour avoir diffamé Pape Massène Sène, secrétaire-général du ministère de la Culture. Les deux ont également été condamnés à verser chacun une amende de FCFA 250 000, ainsi que FCFA 20 millions à titre de dommages-intérêts à Sène.

MFWA est inquiète des verdicts extrêmement sévères et des amendes
exorbitantes infligés aux journalistes et aux médias du Sénégal. Ces
décisions ont tendance à toucher la liberté des médias.

MFWA exhorte vivement les autorités sénégalaises à abroger toutes les
législations répressives.

Mise à jour du cas Seck: