Sénégal : la fin du délestage «au plus tard le 15 août»

Le ministre sénégalais de l’Energie, Samuel Sarr, s’est exprimé ce mercredi 21 juin devant les députés de l’Assemblée nationale. Les parlementaires étaient réunis en session extraordinaire pour examiner, avec le gouvernement, la question urgente des coupures intempestives d’électricité qui perturbent la vie socio-économique.

Le Sénégal souffre de longues interruptions de la fourniture d’électricité depuis quelques jours. Une situation qui perturbe la vie économique et sociale et qui provoque des soulèvements dans le pays. Une grande manifestation de protestation contre les délestages a eu lieu ce mercredi 21 Juillet 2010, alors que Samuel Sarr, le ministre de l’Energie, était face aux députés. Cette manifestation était organisée par des membres du Comité d’Initiative des intellectuels du Sénégal (CIIS).

Les députés, quant à eux, ont souhaité notamment savoir pour quand était prévu un retour à la normale, les mesures concrètes engagées à cet effet et les dispositions envisagées par le gouvernement pour sécuriser la fourniture et renforcer le contrôle de la qualité du combustible utilisé. Ce dernier point étant l’un des arguments avancés par le ministère de l’Energie pour expliquer les pannes des centrales thermoélectriques. Les parlementaires ont également exprimé leurs regrets pour tous les désagréments découlant de cette crise de l’électricité.

Une partie de l’opposition réclame la démission du gouvernement

Samuel Sarr a pour sa part reconnu la gravité du problème avant de rassurer les députés sur les mesures prises . « Nous avons engagé la Senelec (la société nationale d’électricité) sur des actions de correction de ces défauts. […]. Le plan d’action de recouvrement de la puissance a été installé. Le 4 juillet, 150 MgW étaient indisponibles. Cette indisponibilité a été réduite à 90 MgW le 18 juillet. » Il a ajouté que, pour remédier à cette situation, la Senelec a effectué des commandes. Toutes les pièces étant disponibles, une amélioration de la fourniture est envisageable pour la fin du mois. Le déficit qui était donc de 150 MgW pourrait être réduit à 54 méga watts. Et le ministre de poursuivre : « Dans la dynamique de sa capacité disponible, la Senelec doit, au plus tard, le 15 août retrouver la situation normale, mais on a espoir d’accélérer cela même pour début août. »

Cette promesse a été appréciée par les députés de la majorité présidentielle. Ceux de l’opposition sont plus sceptiques. C’est le cas de la députée Khadidjatou Sy. « D’ici le 15 août, ça m’étonnerait que la situation revienne à la normale ou alors il faudrait y investir énormément d’argent. Ce qui, au moment où le budget est dépensé au trois quart, semble vraiment impossible ». Pour l’heure, le Parlement reste divisé sur la question. Certains éputés de l’opposition ont d’ailleurs demandé la démission du Premier ministre et de son gouvernement, les qualifiant de « gouvernement d’échec ».