Sénégal : la détention de Karim Wade jugée arbitraire par l’ONU

La détention du fils l’ancien Président sénégalaise, Karim Wade suscite de multiples interrogations notamment pour le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui dénonce dans une décision du 7 mai dernier et rendu public ce lundi, le caractère arbitraire de la décision de justice.

Karim Wade a été condamné le 23 mars dernier par la Cour de répression de l’enrichissement illicite à une peine de prison de 6 ans ainsi qu’à une amende de 138 milliards de FCFA. Une décision qui aux yeux du Groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est arbitraire. Dans un rapport rendu public ce lundi, ce groupe exhorte le Sénégal à « prendre les mesures nécessaires pour remédier au préjudice subi, en prévoyant une réparation intégrale ». Ce groupe dénonce de multiples irrégularités.

Selon les employés de l’ONU, les délais de procédures durant la détention de Karim Wade, n’ont pas été respectés. La procédure a duré 18 mois alors que selon la législation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite la procédure ne doit pas excéder neuf mois. Le groupe de travail de l’ONU pointe également du doigt le non-respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en précisant que Karim Wade n’a pas bénéficié du même traitement que les autres prévenus.

En effet, durant sa détention, Karim Wade n’a pas bénéficié de liberté provisoire alors les autres prévenus ont pu en bénéficier. Un acte que condamne le groupe de travail de l’ONU et qui rend le procès « inéquitable ». Un rapport qui réjouît les avocats de Karim Wade et les confortent dans l’idée que le verdict est purement arbitraire. « Les Nations unies rendent justice à Karim Wade, c’est la victoire du droit sur l’arbitraire », précise l’avocat Mohamed Seydou Diagne.

La réaction du gouvernement sénégalais à la suite de la publication de ce rapport se fait toujours attendre.