Sénégal : la cacahuète se paie cash

L’actuelle campagne de l’arachide sénégalaise est la plus rapide que le pays ait connue depuis plus de quarante ans. Volonté gouvernementale ? Pas seulement. Le contexte électoral et la pression populaire, à l’approche de la fête du mouton, expliquent en partie le règlement éclair des récoltes aux producteurs.

Deux mois pour régler la facture des producteurs d’arachides du pays, la campagne agricole sénégalaise avance sur les chapeaux de roue. Il ne reste plus aux autorités qu’à s’acquitter de 15 milliards de FCFA (150 millions de FF) sur une ardoise de 100 milliards de FCFA (1 milliard de FF) contractée auprès des producteurs.

 » La campagne sera achevée avant le 10 mars « , promet-on au ministère de l’Agriculture. Si tel est le cas, deux mois seulement auront été nécessaires pour boucler le paiement des récoltes aux cultivateurs. Un record pour une manoeuvre financière qui prend, d’ordinaire, près de quatre mois aux autorités.

Entre volonté et nécessité

Pour être aussi rapide dans le réglement des récoltes, la Sonacos (Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal), entreprise d’Etat, a emprunté des fonds sur le marché international. Le gouvernement a également décidé l’annulation des intérêts des prêts contractés par chacun pour les semences et l’engrais, l’initiative qui vise à assainir le système et à alléger les charges de remboursement.

La rapidité de l’opération s’explique également par deux facteurs exogènes, au moins autant que par la simple volonté gouvernementale de changer les choses. La prochaine fête du mouton, le 5 mars prochain, nécessitant de nombreux frais de la part des familles, l’arrivée des deniers de l’Etat, répondait pour beaucoup à un réel besoin. Et la proximité des élections législatives du 29 avril ne serait, elle aussi, pas étrangère à l’empressement de la Sonacos à régler la note. En période de pré-campagne, il fallait séduire et priver ses adversaires de quelques arguments faciles.