Sénégal, Affaire des enfants talibés enchaînés : la polémique enfle

Enfants talibés sauvés par la gendarmerie de Coki

Alors que le délibéré est prévu le 4 décembre prochain, c’est l’indignation totale suite à la peine de deux ans requise, dont deux mois ferme, contre les esclavagistes qui avaient enchaîné des enfants talibés, à Coki, région de Louga, au Sénégal.

L’affaire des cinq talibés retrouvés enchaînés dans l’école coranique dirigée par le maître coranique du nom de Khadim Guèye continue de défrayer la chronique au Sénégal. Alors que les images de ces cinq talibés, les pieds liés avec des chaînes, ont fini de provoquer l’indignation dans le pays et dans la diaspora, avec une levée des boucliers sur les réseaux sociaux, voilà que le tribunal de Louga (nord du Sénégal), où les prévenus faisaient face au juge, a requis une peine jugée « symbolique » de deux ans de prison, dont deux mois ferme. Pour le commun des Sénégalais, cette peine est trop légère pour ces « négriers des temps modernes ».

Le principal prévenu, Khadim Guèye, interpellé par la gendarmerie de Coki, en même temps que ses acolytes, notamment le menuisier métallique qui fabriquaient les menottes et des chaînes artisanales, ainsi que des parents jugés complices pour avoir été au courant de ces pratiques sans piper mot, a été déféré au parquet lundi 25 novembre dernier. Tous les prévenus séjournent à la prion de Louga. Et contre toute attente, le présumé délinquant a eu le soutien d’autres maîtres coraniques, qui, présents lors du procès qui s’est ouvert ce mercredi 27 novembre 2019 au matin, à Louga (environ 175 km de Dakar), exigent la relaxe pure et simple des prévenus.

Les maîtres coraniques, qui avaient exprimé leur soutien à leur camarade ont été reçus par le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, qui compte se prononcer sur la question après le délibéré prévu le 4 décembre prochain. Que va dire le guide religieux ? Affaire à suivre ! L’on sait toutefois que les autorités sénégalaises sont très attendues sur ce dossier brûlant, d’autant que ce sont des enfants qui ont été exposés dans cette sombre affaire. La question que se posent les Sénégalais, dans leur quasi-totalité, est de savoir pourquoi ces enfants ressentent-ils le besoin de s’enfuir ? Pourquoi contrairement aux autres talibés, qui le soir rentrent dans leur école coranique, ceux-là veulent prendre la clé des champs ? Au point qu’ils soient enchaînés ? Des questions dont les réponses coulent de source.

Toujours est-il que dans cette affaire qui n’a pas fini de semer l’indignation dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les yeux sont rivés sur le numéro un des Sénégalais, Macky Sall, en l’occurrence, garant des droits et des libertés. Et pour ce cas de figure, une première du genre, ce sont des enfants, dont des moins de cinq ans, qui sont concernés.