Sénégal : Abdoulaye Wade met à prix la tête des assassins de Badji


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Oumar Lamine Badji

Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a promis mardi à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, une récompense de 50 millions de Francs CFA pour la capture des assassins du président du Conseil régional de Ziguinchor, Oumar Lamine Badji. Il a été tué samedi à Sindian, son village natal, en Casamance.

Accompagné de nombreuses personnalités, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a longuement rendu hommage, mardi, à Oumar Lamine Badji, le président du Conseil régional de Ziguinchor. Il avait été assassiné samedi dernier à Sindian, en Casamance. Lamine Badji était aux côtés d’Abdoulaye Wade depuis la création du parti présidentiel (PDS) en 1974, et ce dernier le considérait comme un « petit frère « .

S’exprimant lors de la levée du corps, le chef de l’Etat a déclaré que les auteurs de cet « acte odieux » seraient identifiés et remis à la justice. Il a promis de punir les coupables « où qu’ils soient », évoquant l’éventualité que les assassins soient des rebelles casamançais voire des militants du PDS en mal d’investiture.

Abdoulaye Wade a promis une récompense de 50 millions de FCFA (75000 euros), ainsi qu’un passeport, un visa et un billet d’avion pour le pays de son choix à la personne qui donnerait des informations permettant d’appréhender l’auteur de l’assassinat.

« La République fera tout pour découvrir les assassins et leur appliquer la loi dans l’intérêt de la paix publique. Nous mettrons le temps qu’il faut pour les découvrir car il y a des crimes indestructibles », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas de la vengeance, c’est la République qui m’a confié la mission de sanctionner ceux qui commettent des crimes. Je ne faillirai pas à ce devoir », a-t-il ajouté.

Le MFDC rejette toute responsabilité dans l’assassinat

Les bourreaux de M. Badji se réclament du Mouvement démocratique des forces de Casamance (MFDC), une rébellion armée qui réclame depuis décembre 1982 l’indépendance la région sud du Sénégal. Mais la direction du MFDC a rejeté toute responsabilité de leur mouvement dans l’assassinat. Elle a signé, le 30 décembre 2004, un protocole d’accord de paix avec le gouvernement sénégalais. « A part quelques actes isolés, le gros du maquis était acquis à l’idée de déposer les armes et de dialoguer avec le pouvoir central (le gouvernement du Sénégal) », a déclaré, mardi, le président Wade.

Il est à noter cependant que les négociations prévues par l’accord ont été reportées à deux reprises fin 2005 et début 2006. Et des rebelles dissidents, menés notamment par Salif Sadio, continuent le combat, près de la frontière gambienne, au nord de Ziguinchor.

L’assassinat, perpétré avant les élections générales du 25 février et en pleine Aïd El-Kébir, la fête musulmane du sacrifice, a été condamné par l’ensemble de la classe politique sénégalaise.

Sources : Panapress, AFP

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Journaliste, écrivain, dramaturge scénariste et réalisateur guadeloupéen. Franck SALIN fut plusieurs années le rédacteur en chef d'Afrik.com
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