Ségrégation au Carnaval de Salvador de Bahia


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Le Carnaval est une fête fondamentalement européenne, qui, importée au Brésil dans son modèle original excluait l’amérindien, le noir et le métisse. La ville de Salvador a une fausse idée du Carnaval, qui serait une fête démocratique et plurielle qui génère des opportunités égales pour tous. Ainsi, nos problèmes d’inégalités historiques et actuelles se résoudraient par un tour de magie grâce à la fête

C’est une ingéniosité d’imaginer du point de vue socio-économique qu’il y a une évolution et une intégration entre pauvres et riches, blancs et noirs et entre les hommes et les femmes.

En réalité, il y a dans le Carnaval une ségrégation socio raciale utilisant l’argument d’une professionnalisation de caractère douteux. Un système qui agit contre les groupes qui pensent différemment, et dans ce sens, ces derniers ne survivent pas économiquement, ce qui provoque ainsi l’échec du modèle actuel de la fête.

Les blocs des élites ont pris de l’ampleur, suite à l’absence du pouvoir public et ils ont défini les caractéristiques du Carnaval: cordas, l’horaire du défilé, le type de sécurité, quelle corporation peut être sponsor, le Carnaval de la Barra et les micaretas. Ils ont imposé leurs idées, et des actes inconstitutionnels tels que l’horaire du défilé dans les rues qui est défini historiquement par les groupes de trios, une règle qui ne s’applique qu’à eux. Une substitution privée du pouvoir public et de la réglementation de la préfecture.

À Salvador, les commandites des entreprises ne financent que les mêmes types de groupes. Elles sont décidées sans aucun critère commercial, le soutien est social et racial. Pour les blancs, pour les riches. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas encore de sponsors pour les quartiers populaires, dans lesquels vivent la majorité des consommateurs de la ville. Vaut mieux ne pas imaginer quel est l’avenir d’un Carnaval si antidémocratique, transformé en une fête de l’exercice de la domination économique.

Les données du Secrétariat de la Culture sur internet et les reportages du journal A TARDE sur la concentration de sponsors et sur l’absence de responsabilité sociale des entreprises qui ne donnent leur appui qu’à un type d’organisation prouvent les dérives de l’événement. Au Carnaval sotéropolitain, il n’y a pas de culture démocratique, la ville n’a pas une tradition de culture démocratique.

Le débat est le suivant. Il n y a pas seulement des différences de classes, il existe également un racisme agressif subtil.

Le racisme institutionnel exprimé au Carnaval résiste plus que tout autre préjugé saisonnier. Nous devons commencer à penser au Carnaval dans l’environnement de la a ville. Dans les discussions que nous avons eues avec les coordinateurs du Carnaval, nous proposons que l’événement puisse être un moment d’interactions des différents.

Les murs invisibles, les cordons visibles séparent et excluent les bahianais du Carnaval.

Différentes personnes, brésiliennes et étrangères ont exprimé leur tristesse face à l’apartheid social et racial du Carnaval de Salvador, il est à présent temps de changer cela. On peut commencer à démocratiser le Carnaval par le biais des rangs du défilé dans les circuits, et par la diversité dans la transmission à la télévision de tous les acteurs du Carnaval populaire.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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