Ségolène Royal à la conquête des Antilles

Ségolène Royal, la candidate du Parti socialiste aux présidentielles d’avril 2007, entame ce jeudi par la Martinique un voyage de trois jours aux Antilles. Séduire l’électorat antillais s’avère décisif au moment où plusieurs sondages annoncent Mme Royal perdante au second tour face à Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal débute, à compter de ce jeudi, un périple antillais de trois jours dont la première étape est la Martinique. Au programme, plusieurs rencontres avec d’éminentes personnalités locales dont le chantre de la négritude, Aimé Césaire. L’illustre homme de lettres martiniquais, qui lui a apporté son soutien, recevra la candidate PS vendredi matin. Avant de s’envoler pour l’île, Mme Royal s’est assurée que l’affaire Georges Frêche ne viendrait pas assombrir son séjour. Le président de la région Languedoc-Roussillon avait déclaré qu’il y avait trop de Noirs dans l’équipe de France de football.

L’électorat antillais, capital pour la gauche et très sensible aux questions de racisme, aurait pu ne pas lui pardonner si elle s’était contentée, comme quelques jours auparavant, de la décision de M. Frêche. Ce dernier, qui a été condamné, ce jeudi, à verser une amende de 15 000 euros pour avoir insulté les harkis en février 2006, avait annoncé qu’il se mettrait en congé du P.S durant la campagne présidentielle. Dimanche dernier, elle a donc estimé que l’élu socialiste devait être « exclu » du parti. Le sort de M. Frêche sera tranché, samedi prochain, par la commission des conflits du PS qui décidera d’une éventuelle exclusion. Le Collectif Dom, qui avait appelé, mercredi, à une mobilisation générale contre le voyage de la candidate PS, lui a donné un sursis de 3 jours. L’appel à manifester sera « inéluctable » si l’exclusion de M. Frêche n’est pas prononcée.

Objectif : séduire à tout prix les Antillais

Ségolène Royal, qui vient d’être rejointe dans sa campagne présidentielle par Christine Taubira, est ainsi partie avec de bonnes cartes en main dans des départements qui sont déjà, à l’exception du Conseil général de Martinique, dirigés par des élus de gauche. En avril 2002, Christiane Taubira avait été créditée respectivement de 37,1% et de 27,8% des suffrages en Guadeloupe et en Martinique, sa première étape. Là, Ségolène Royal ne sera pas en terre inconnue. Elle y a passé 10 ans de son enfance, dans les années 60, alors que son père, lieutenant-colonel de marine, y était affecté après un séjour au Sénégal. Vendredi et samedi soir, la candidate PS tiendra deux meetings en plein air, à La Trinité (Martinique), d’abord, puis aux Abymes (Guadeloupe).

C’est seulement le deuxième séjour de la candidate PS en Outre-Mer, depuis qu’elle a affiché ses ambitions présidentielles. Elle s’est déjà rendue, en octobre dernier, à la Réunion et devrait bientôt se rendre en Guyane. Nicolas Sarkozy, lui, qui ne néglige pas non plus l’électorat antillais, s’y est déjà rendu quatre fois en tant que ministre de l’Intérieur. En novembre dernier, il avait même présenté sa « nouvelle politique » pour l’Outre-Mer aux élus de cette partie de la France. Les Antilles restent une étape obligatoire pour tout candidat à la magistrature suprême française. Cela est d’autant plus vrai, aujourd’hui, pour Ségolène Royal que les derniers sondages annoncent perdante face à Nicolas Sarkozy au deuxième tour des présidentielles en mai prochain.