Sébastien Cailleux : un philanthrope passionné par l’Afrique

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L’exposition photographique « Dessine-moi un château » est un projet pédagogique, artistique et culturel initié par le photographe et journaliste Sébastien Cailleux. Réalisé avec près de 1000 élèves éthiopiens et français, la démarche est émouvante et surtout éducative. Président de l’association « École d’art au village » depuis 2009, il est avant tout philanthrope et passionné d’Afrique. Une passion qui voit le jour lors de son voyage à l’Ile Saint-Louis (Sénégal) pour son premier projet « École d’art au village ». Frappé par une hospitalité sans pareille, il effectuera ensuite plusieurs immersions au Cameroun, en Algérie, au Mali, à Madagascar et bien d’autres pays encore… A travers des dessins originaux et colorés, Sébastien montre l’image d’une Afrique pleine de vitalité, de joie et d’espoirs. Cette fois, il a décidé de relier la France, son pays natal, à l’Afrique, sa terre de prédilection par son exposition « Dessine moi un château ».

Afrik.com: Quel a été le déclic qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet ?

Sébastien Cailleux:
Par rapport à mon expérience significative en Éthiopie, je trouvais qu’il y avait un lien entre les châteaux respectifs de ces deux pays. Le château de Versailles et de Fasilidas datent de la même époque et les populations avaient connaissances les unes des autres. J’ai donc contacté le président de l’Établissement public du Château de Versailles pour lui présenter mon projet. Il a tout de suite été convaincu par le principe éducatif de la démarche.

Afrik.com: La France regorge de châteaux, pourquoi avoir choisi celui de Versailles?

Sébastien Cailleux:
A l’époque, j’étais à la recherche d’un musée important qui entre dans le cadre de mes attentes. J’en ai vu beaucoup et j’ai constaté que dans chacun d’eux, il y avait une place importante consacrée aux actions éducatives. En voyant le château de Versailles qui attribue une grande place au domaine culturel et patrimonial, j’ai tout de suite compris qu’il serait intéressant de travailler sur ce château. Je travaille pour l’association École d’art au village dont les missions éducatives ressemblent à celles du château de Versailles.

Afrik.com: Pourquoi avoir choisi de travailler une nouvelle fois avec des enfants ?

Sébastien Cailleux:
Nous avons voulu rester dans le principe de notre association qui a pour but d’accompagner les enfants à développer leur sensibilité et leur sens artistique. J’ai également travaillé en collaboration avec des artistes associés qui sont intervenus directement dans les écoles pour accompagner les enfants ainsi que le corps enseignant.

Afrik.com: Les enfants ont dessiné leurs œuvres que vous avez ensuite été amenés à reproduire. A-t-il été évident de préserver l’âme enfantine de ces œuvres ?

Sébastien Cailleux:
En fait c’est tout l’objet de cette démarche artistique. On se les réapproprie tout en essayant de conserver l’âme enfantine. C’est parfois compliqué, avec une âme d’adulte de pénétrer dans l’âme des enfants. J’espère que nous y sommes arrivés.

Afrik.com: Pourquoi ce choix d’écoles en zone d’éducation prioritaire ?

Sébastien Cailleux:
C’est en fait un choix qui s’est imposé à nous. Le rectorat de Versailles a estimé naturel de mettre en priorité les enfants issus de milieux défavorisés et nous avons été entièrement d’accord. Mais nous ne faisons pas de différence entre les enfants issus de tel ou tel milieux. Un enfant est avant tout un enfant. Et puis lorsque l’on regarde les œuvres, on se dit quand même que la magie a opéré de façon extraordinaire ! Le lien créé entre le corps éducatif et les enfants a été très porteur. Les enfants n’ont plus affaire à des enseignants, ils se sentent libérés. Ils ont eu le libre choix de leurs couleurs, de leurs dessins…

Afrik.com: Qu’est-ce qui vous a le plus frappé au cours de cette expérience?

Sébastien Cailleux:
C’est l’extrême implication de toutes les institutions qu’il y avait autour. Le corps enseignant, la direction du château de Versailles, les éducateurs etc. Il y a quand même eu 5 ateliers par enfants et environ 35 sorties éducatives! Ensuite, dans le projet d’exposition, il y a des dessins qui sautent aux yeux. En fin d’atelier, comme on ne pouvait pas exposer les 1000 dessins, on a voulu se concentrer sur quelques uns, choisis à l’unanimité par les enfants, puis on a tenté de les reproduire à notre façon. On devait être inventif tout en évitant les répétitions.

Afrik.com: Avez-vous d’autres projets en cours?

Sébastien Cailleux:
Il est à noter que le projet qui a été conduit en Éthiopie a abouti à la mise en place d’une école d’art pérenne en Éthiopie. Ce projet a notamment vu le jour grâce à l’aide et au partenariat du Secours populaire. Les enfants pourront y aller dans un cadre pédagogique ou pendant leur temps libre. On va principalement s’adresser aux enfants en difficulté, comme les enfants des rues par exemple. Le système de cette école se déroulera de manière régulière, et il y aura également des ateliers hebdomadaires, contrairement aux précédentes missions, plus ponctuelles. C’est l’issue concrète de ce projet, et une victoire pour nous. Nous avons également un projet en cours « Dessine moi la méditerranée », labellisé « Marseille 2013 ». Marseille sera capitale culturelle en 2013. On travaille beaucoup avec l’Afrique et le lien direct entre le continent et Marseille est la mer méditerranée. Nous allons donc travailler avec 20 classes à Marseille, en Algérie, au Maroc, en Tunisie et dans tous les pays du bassin méditerranéen.

L’exposition se tiendra du 22 Octobre 2011 au 29 Janvier 2012 à l’Orangerie du domaine de Madame Élisabeth / Château de Versailles. Pour plus d’informations, Cliquer ici et le site d’Ecole d’art au village.

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