São Paulo : la ville comptant le plus de noirs au monde en fête

Avec 3,3 millions d’afro-brésiliens selon l’IBGE, São Paulo est la ville comptant le plus de noirs au monde. Cependant, les inégalités raciales sont encore marquantes dans la capitale, qui enregistre une différence de 50% entre les salaires des noirs et ceux des blancs.

Parler de la contribution des noirs pour le développement de São Paulo exige d’effectuer un retour dans l’histoire du Brésil. Arrivés comme esclaves en 1530, ils resteront dans cette situation jusqu’en 1888 lorsque intervient l’abolition de l’esclavage, c’est-à-dire qu’ils resteront dans cette situation durant 358 ans.

Ils travaillèrent intensément dans la production de cane à sucre, qui dans la période entre le 18ième et le 19ième siècle allait être substituée par les plantations de café. La force de travail esclave fut également utilisée pour l’extraction de l’or et du diamant dans les régions de Goiás, Mato Grosso et de Minas Gerais durant l’époque du Brésil Colonial et dans diverses autres régions. Durant trois siècles et demi, la population noire n’a pas seulement aidé à construire le Brésil, mais elle a également contribué à la consolidation des bases économiques en vue de l’industrialisation, surtout dans l’État de São Paulo, dont la grande impulsion industrielle est intervenue grâce à la production et la commercialisation du café, qui allaient aider l‘État à accumuler un grand volume de capital, principalement dans la Vale do Paraíba.

Aux 19ième et 20ième siècles São Paulo est devenu le plus grand producteur de café au monde, ce qui allait aider à équilibrer la balance commerciale du Brésil pendant longtemps. « Le capital utilisé pour construire les industries vient du café qui fut planté par les bras des esclaves noirs. Durant les dernières années d’esclavage, les noirs travaillaient des semaines entières, sans disposer de leurs samedis ni dimanches, allant jusqu’à 16 heures de travail par jours dans la Vale do Paraíba. Les barons du café agissaient ainsi car ils savaient que le temps de l’esclavage était compté, ils maximisaient la production pour cette raison utilisant le travail ardu des esclaves. Quand les immigrants sont arrivés ici, les italiens principalement, tout était déjà consolidé », raconte le professeur d’Université Hélio Santos, titulaire d’un Maîtrise en Finances et docteur en Administration de la Faculté d’Économie de l’USP, et également auteur du livre « A Busca de Um Caminho para o Brasil »(À la Recherche d’Une Voie pour le Brésil) .

Travail sans salaire, sans récompense

Tous les immigrants qui commencèrent à arriver au Pays au milieu du 19ième siècle ont contribué au développement de São Paulo « mais les noirs sont ceux qui ont participé le plus longtemps sans rien recevoir. Les italiens deviennent salariés lorsqu’ils les remplacent dans les labours « . En plus de cela, le processus d’immigration était également marqué par l’idée du blanchissement de la population brésilienne. L’idéologie dominante durant cette période était que le développement et la modernisation de la société serait le produit de la croissance de la population blanche au détriment des noirs et des indiens.

En 1824, deux années après la Proclamation de l’Indépendance dans la ville de São Leopoldo, dans le Rio Grande do Sul, les allemands ont eu droit aux terres et exigèrent que l’allemand continue d’être enseigné dans les écoles. « Pour le Brésil, l’arrivée des allemands fut fondamentale. Regarde la richesse qu’il y a là », observe Santos, observant que l’État a retiré l’argent du budget et l’a investi dans cette colonie. « Dans le passé, il y a eu des politiques qui bénéficiaient aux groupes ethniques qui n’étaient pas noirs. Ils étaient italiens, japonais, allemands, suisses. C’est en grande partie pour cette raison que les descendants de ces groupes sont bien aujourd’hui. Donc, la situation de ceux qui sont arrivés en tant qu’immigrant est différente de celle de ceux qui sont arrivés esclaves. Cette inégalité visible et criante a contribué à ce que nous ayons deux Brésil », affirme Hélio Santos.