Sanké mon en péril : Le changement climatique menace une tradition millénaire au Mali


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Sanké mon en péril : Le changement climatique menace une tradition millénaire au Mali

Au cœur du Mali, dans la ville de San, une tradition séculaire est sur le point de disparaître sous l’effet implacable du changement climatique. Le Sanké mon, célébration ancestrale de pêche collective inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, lutte contre les vagues de chaleur qui dessèchent inexorablement l’étang de Sanké.

La célébration menacée

Depuis des siècles, chaque mois de juin à San, des milliers de pêcheurs se rassemblent pour le Sanké mon. Le rituel débute par des sacrifices et des offrandes aux esprits aquatiques. Cette cérémonie marque non seulement le début de la saison des pluies, mais aussi la pérennité de la ville fondée autour de cet étang vital.

Les températures records, qui vont jusqu’à 48,5 degrés Celsius cette année, ont asséché l’étang de Sanké. Cela met en péril non seulement la tradition, mais aussi la biodiversité locale et l’économie des communautés dépendantes de la pêche.

Quelle gestion de crise ?

Les mesures promises pour préserver l’étang n’ont pas été réalisées. Les habitants, comme Mamadou Lamine Traoré, chef de village, pressent les autorités de prendre des mesures urgentes pour sauvegarder cette tradition et assurer la résilience face aux changements climatiques. 

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En 2009, lorsque le rituel a été inscrit au patrimoine de l’UNESCO, il était projeté de procéder à des travaux de creusement plus profond pour prévenir l’envasement de la mare. Cependant, aucune action concrète n’a été entreprise depuis lors, et la mare commence à présenter des problèmes croissants. Les raisons de ce manque d’action demeurent floues.

Un avenir en jeu 

La disparition potentielle de l’étang de Sanké ne menace pas seulement une tradition séculaire, mais aussi la subsistance économique de San, dépendante de la pêche et du tourisme culturel. 

« La disparition de la mare menacerait non seulement le rite séculaire, mais aussi la survie économique de la ville si l’attention s’estompe », affirme Mamadou Lamine Traoré. 

La mise en œuvre rapide de mesures de protection devient essentielle pour préserver l’âme de cette communauté et ses liens profonds avec la nature.

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