Salva Kiir : nouveau vice-président du Soudan

Salva Kiir a été désigné pour être le successeur de John Garang, après sa disparition dans un crash d’hélicoptère le 30 juillet dernier. Il a prêté serment ce jeudi à Khartoum pour devenir Vice-Président du Soudan. Il devrait poursuivre le processus de paix engagé par son prédécesseur.

Par Céline Ruet

Un nouveau Vice-Président pour le Soudan. Ce général de l’Armée Populaire de Libération du Soudan (SPLA), de la branche armée du Mouvement Populaire de Libération du Soudan (SPLM), s’est engagé lors des funérailles de John Garang à appliquer « à la lettre » l’accord de paix signé par ce dernier le 9 janvier à Nairobi, et qui a mis fin à vingt-et-un ans de guerre civile entre Khartoum et les rebelles sudistes. Il a prêté serment ce jeudi et devient désormais le numéro deux du pays. Selon les analystes, sa nomination par le SPLM est le reflet d’une volonté réaffirmée de poursuivre le processus de paix.

Successeur tout indiqué mais moins charismatique …

Membre fondateur du SPLM en 1983, Vice-Leader du mouvement après John Garang et acteur privilégié au sein du cercle privé de ce dernier, Salva Kiir, 54 ans, était tout désigné pour cette succession. Il a d’ailleurs participé aux premières phases de négociations du traité de paix, et à ce titre n’est pas un inconnu pour le gouvernement de Khartoum. M. Kiir est également très populaire dans le Sud du pays, car contrairement à à John Garang, il a toujours prôné la sécession (vers la fin des années 60, il faisait partie des rebelles au Sud Soudan). Un référendum à ce sujet est prévu dans 6 ans, ce qui motive les espoirs des sudistes. Cet ancien militaire de l’armée soudanaise est devenu le directeur du bras armé de la SPLM/A. Epaulé par une forte base, c’est en homme confiant qu’il aborde ses nouvelles fonctions.

Malgré tout, cet homme moins intellectuel que son prédécesseur, est connu pour être facilement ennuyé par de trop longs discours. Il apparaît en revanche calme et discret, et plus démocratique que Garang à qui l’on reprochait ses méthodes abruptes. Ces deux hommes appartiennent tout deux à la même tribu, les Dinka, la plus grande des tribus sud-africaines, mais ne sont pas du même clan. Relativement méconnu de l’opinion internationale en tant que politicien, il va devoir succéder à un leader charismatique et tenir le difficile programme engagé par John Garang.

Fâcheuses allégations

John Garang a été tué le 30 juillet dernier, dans la chute d’un hélicoptère ougandais qui le ramenait chez lui. Selon la version officielle, l’appareil s’est écrasé dans les montagnes du Sud Soudan en raison du mauvais temps. Une commission d’enquête conjointe entre le SPLM et Khartoum a été chargée de faire la lumière sur les circonstances de sa mort. Le Président soudanais Omar Hassan al-Béchir s’est engagé à rendre publiques les conclusions de cette enquête.

Mais le Président ougandais Yoweri Museveni, auquel appartenait l’hélicoptère, a déclaré vendredi que le crash n’était « peut-être pas un accident », relançant les soupçons et les accusations de Sudistes qui ont crié à l’attentat, lors de violentes et meurtrières émeutes à Khartoum et dans plusieurs villes du Sud. Des mots que le chef d’Etat semble regretter puisqu’il menace aujourd’hui de faire fermer tous les journaux qui s’acharnent à publier des théories prétendant que la mort de John Garang serait due à une conspiration. Il les accuse, entre autres, de porter atteinte à la sécurité régionale.