Saint-Augustin, l’Algérien

L’Algérie veut se réconcilier avec son passé, le redécouvrir. N’en déplaise aux extrémistes de tout bord, le fondateur du dogme chrétien est Algérien. Le président Bouteflika, en soutenant fortement ces manifestations culturelles autour de la pensée augustinienne, veut damer le pion aux islamistes. Et s’ouvrir au monde. L’Algérie a existé bien avant l’arrivée de l’Islam. Elle était Berbère, chrétienne, juive, païenne… Et ce sont toutes ces composantes que le président veut réunir. Réduire un pays à la seule culture qui y prédomine, c’est s’amputer d’une jambe. En faire un pays unijambiste. L’objectif est aussi de briser le socle de l’intégrisme qui s’accapare l’identité culturelle et religieuse. Car l’essence de tout intégrisme est de se faire propriétaire des valeurs collectives. La société algérienne ne s’est pas trompée en réhabilitant l’un de ses fils illustres ! Ne pas laisser les politiques seuls (ré)écrire l’Histoire. Un pays est riche et fort en reconnaissant toutes les facettes de son histoire, en n’humiliant pas ses minorités. Les Chrétiens d’Algérie ont leur place chez eux. La vague intégriste les a obligés à l’exil et à la clandestinité. La tolérance les ramènera chez eux. Durant plus de 30 ans, les différents gouvernements qui se sont succédés après l’indépendance se sont acharnés à fabriquer une identité  » arabo-musulmane « , excluant et emprisonnant tous les réfractaires à  » l’hérésie historique « , faisant ainsi le lit des terroristes. En revisitant l’Histoire, Abdelazziz Bouteflika offre une chance unique à ses compatriotes : pouvoir se regarder dans le miroir de leur mémoire. Et de retrouver leurs richesses cachées. Saint-Augustin sera peut-être ce catalyseur qui manquait pour la paix. Amen !