Sahara, Visite du Polisario en Mauritanie : colère au Maroc, Algérie rit sous cape

Nouvelles tensions diplomatiques entre le Maroc et la Mauritanie consécutives à la visite officielle d’un émissaire sahraoui du chef du Polisario à Nouakchott, où il a été reçu par le Premier ministre. Visite qui a déclenché la colère à Rabat. Pendant ce temps, Alger qui suit l’évolution de la situation, se réjouit sans doute de cette visite.

Alors que des pourparlers pour une sortie de crise avec le nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara sont entamés à Berlin, de nouvelles tensions diplomatiques voient le jour entre le Maroc et la Mauritanie. Cette situation est consécutive à la visite officielle d’un émissaire sahraoui du chef du Polisario à Nouakchott, où il a été reçu par le Premier ministre, la semaine dernière. Une visite qui suscite la colère à Rabat, relève RFI.

Abdelkader Taleb Oumar, ancien Premier ministre du Polisario et émissaire de son Président Brahim Ghali, en Mauritanie, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été reçu, jeudi dernier, par le Premier ministre mauritanien, au cours d’une visite digne d’une visite officielle. Du côté du Maroc, cette visite est perçue comme une volonté d’accroître la tension. Tout au long du week-end, indique RFI, la presse marocaine a rappelé que Rabat a déjà œuvré pour un rapprochement en nommant un ambassadeur à Nouakchott.

Si les médias proches du palais considéraient que les autorités avaient tourné la page des divergences qui ont empoisonné les relations avec la Mauritanie pendant des années, la question de Sahara semble raviver les tensions. Cette visite intervient toutefois dans un contexte très particulier. En ce sens que le nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara, Horst Köhler, a entamé des pourparlers avec l’Algérie, la Mauritanie, le Sahraoui et le Maroc dans le but de trouver une solution au conflit. Et cette visite semble jeter de l’huile sur le feu.

Toutefois, si Rabat est en colère, Alger, qui soutient le Front Polisario dans son combat pour l’autodétermination, rit sous cape. Une situation qui ne va pas dans le sens souhaité par l’ONU, d’autant que l’Envoyé spécial pour le Sahara, Horst Köhler, a enclenché de véritables négociations, celles de tous les espoirs.