Sahara, Polisario : le Maroc accuse, l’Iran dément, l’Algérie réagit

Alors que le Maroc accuse Téhéran d’avoir facilité une livraison d’armes au Polisario, au Sahara Occidental, l’Iran a fermement démenti les allégations de Rabat. Pour sa part, l’Algérie a réagi sans attendre.

Au lendemain de la rupture des relations diplomatiques à l’initiative du Maroc, qui, outre le fait d’avoir rappelé son ambassadeur à Téhéran, a instruit le Consul d’Iran de quitter son sol, l’Iran a démenti les accusations du marocaines selon lesquelles le désormais ex-allié a facilité une livraison d’armes au Polisario, mouvement indépendantiste au Sahara Occidental. Selon Rabat, Téhéran a apporté un soutien militaire au Front Polisario, par l’intermédiaire de son allié du Hezbollah libanais.

Ryad, à travers un communiqué, a « fermement condamné l’ingérence iranienne dans les affaires du Maroc via son instrument, la milice terroriste du Hezbollah, qui entraîne les éléments du soi-disant groupe Polisario en vue de déstabiliser la sécurité et la stabilité » du Maroc. Le ministère iranien des Affaires étrangères a réagi que « cette affaire est totalement dénuée de fondement, assurant que l’Iran avait toujours respecté la souveraineté et la sécurité des pays avec lesquels il entretient des relations diplomatiques, et la non ingérence ».

Pour sa part, le ministère algérien des Affaires étrangères a indiqué, dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle APS, avoir reçu l’ambassadeur du Maroc pour lui faire part du « rejet par les autorités algériennes des propos totalement infondés mettant indirectement en cause l’Algérie ».

Le Maroc, par le canal du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a insisté, dans un communiqué de ce mercredi, que son pays a « présenté des preuves irréfutables et détaillées (…) sur le rôle du Hezbollah, avec l’implication de l’ambassade iranienne à Alger, dans des actions de formation militaire, de livraisons d’armes et d’entraînement à des opérations de guérilla urbaine ». Nasser Bourita, qui a nié toute pression extérieure dans sa décision de rompre avec l’Iran, a appelé l’Algérie et le Polisario à appliquer la résolution de l’ONU, en se retirant des zones tampons qui séparent les deux parties du Sahara Occidental.