Sahara occidental : l’ONU envoie son diplomate prodige

Christopher Ross est le nouvel envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental. Cette nomination a été officialisée, mercredi, par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unis, et saluée par le Front Polisario, le mouvement politique et armé pour le Sahara occidental. Le diplomate américain, qui succède au Néerlandais Peter van Walsum, aura pour lourde tâche de régler les différends entre le Maroc et les Sahraouies. Une mission, qu’aucun envoyé spécial de l’Onu n’a, jusqu’ici, réussi.

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies a enfin nommé, mercredi, un envoyé spécial pour le Sahara occidental. Il s’agit du diplomate américain, Christopher Ross. Il succède au Néerlandais Peter van Walsum dont le mandat, qui expirait en août dernier, n’avait pas été renouvelé par l’ONU. Le diplomate néerlandais s’était discrédité auprès du Front Polisario en affirmant que l’indépendance voulue par les Sahraouies était « irréaliste ».

Unanimité

La nomination de Christopher Ross a été saluée par le mouvement politique et armé du Sahara occidental. Le Front Polisario a assuré, jeudi, dans un communiqué cité par l’APS, qu’il collaborerait avec le diplomate américain. « Le Front Polisario assure Christopher Ross de sa coopération et de toute l’aide nécessaire en vue de mener à son terme le processus de décolonisation du Sahara occidental conformément aux résolutions des Nations unies », précise le texte. Christopher Ross fait l’unanimité. Après le Front Polisario, c’est au tour du Maroc, qui avait montré au début des réticences, de se laisser convaincre par le nouvel envoyé.

Un homme de terrain

Le diplomate américain peut se targuer d’avoir une carrière remarquable. Chargé des affaires du Moyen-Orient au département d’Etat, il a ensuite été ambassadeur des États-Unis en Syrie et en Algérie et, avant la présente nomination, un des conseillers principaux sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à la Mission permanente des États-Unis auprès des Nations Unies. Il parle également le français et l’arabe, atout non négligeable pour discuter avec les acteurs de ce conflit.

Une mission délicate

Selon un communiqué de l’ONU, le diplomate américain devrait travailler avec les parties et les pays voisins sur la base de la résolution 1813, récemment adoptée par le Conseil de sécurité, et des résolutions antérieures, en vue de parvenir à une solution politique durable et mutuellement acceptable, laquelle devrait assurer l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Une mission délicate pour Christopher Ross, dans un pays où tout reste à faire. Aucun envoyé spécial de l’ONU n’a jusque-là réussi à mettre fin au différend entre le Front Polisario et le Maroc, depuis le cessez-le-feu de 1991.