Sahara occidental: des activistes espagnols veulent poursuivre le Maroc

Incompréhension du gouvernement ibérique. Onze militants espagnols ont été arrêtés samedi à Lâayoune, la capitale du Sahara Occidental, par la police marocaine lors d’une manifestation en faveur de l’indépendance de ce territoire. Remis en liberté et rapatriés en Espagne, ils soutiennent avoir été brutalisés et veulent poursuivre l’Etat marocain devant la justice espagnole. Madrid joue l’apaisement. Rabah ne réagit pas.

Nouvelle tension entre l’Espagne et le Maroc. Lundi, le chef du gouvernement espagnol, Luis Rodriguez Zapatero, s’est dit « préoccupé », après l’interpellation musclée samedi au Sahara Occidentale, par la police marocaine, de onze de ses concitoyens, alors qu’ils participaient à une manifestation en faveur de l’indépendance de ce territoire.
Emmenés par « SaharAcciones », une organisation espagnole favorable à l’indépendance Sahara occidental, ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc 1975, les militants ont entamé leur manifestation samedi à 18h (17h GMT) à Lâayoune, chef-lieu de ce territoire, une heure avant la rupture du jeûne. La police locale est intervenue au moment où ils tentaient de déployer des pancartes « en faveur du peuple sahraoui et du respect des droits de l’homme » dans la localité, selon l’association.

Celle-ci a expliqué que des policiers en civil ont chargé brutalement, blessant deux de ses militants à la tête et au corps par des « coups de pieds et poings ». Onze militants ont été arrêtés puis conduits au commissariat où ils ont été interrogés. Relâchés plus tard, ils sont rentrés lundi aux Canaries, après avoir séjourné dimanche dans une résidence diplomatique espagnole, la « Casa de Espana », à Aaioun, qui fut la capitale du Sahara occidental lors de la colonisation espagnole. Ils ont indiqué qu’ils envisageaient de poursuivre le Maroc devant la justice espagnole.

Apaisement

Cette affaire intervient dans un contexte délétère entre l’Espagne et le Maroc. Cet été, de nombreux incidents frontaliers ont été signalés entre les deux pays, dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melila, dans le nord du Maroc. Cette fois, Rabah n’a pas officiellement réagi alors qu’à Madrid, c’est la prudence, voire l’apaisement qui prévaut. « C’est un principe essentiel de la politique étrangère de maintenir de bonnes relations avec un pays voisin comme le Maroc », a déclaré lundi le Premier ministre Luis Rodriguez Zapatero. Il a toutefois ajouté qu’il était « dans l’attente » de recevoir des « explications ». Fin août, les ministres de l’Intérieur des deux pays s’étaient rencontrés dans la capitale marocaine, pour plancher sur leur coopération en matière de sécurité.

Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975. Il est l’objet d’un conflit opposant le Front Polisario, organisation indépendantiste au royaume chérifien qui a proposé une autonomie élargie.

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