Sahara : Mustapha Tossa dénonce un «choix politique d’Alger inspiré par la seule haine à l’égard du Maroc»

Abdelmadjid Tebboune et Pedro Sanchez
Abdelmadjid Tebboune et Pedro Sanchez

Le régime algérien serait prêt à tout pour défendre le Sahara Occidental, quitte à «enflammer» toutes ses relations avec son environnement maghrébin et européen, au point de mettre en danger sa sécurité économique et politique. C’est ce qu’a indiqué le politologue Mustapha Tissa, qui dénonce le fait, dit-il, que l’Algérie va jusqu’à jouer les intérêts vitaux de son peuple.

«Qu’importe que l’économie algérienne soit durement impactée par l’isolement régional qui se tisse autour de son territoire. Qu’importe que le pouvoir d’achat des Algériens soit au plus bas et qu’ils affrontent au quotidien une rareté de produits de consommation jamais atteinte. Le régime algérien s’arc-boute sur le Polisario avec un dangereux aveuglement», a déploré, ce samedi 11 juin 2022, Mustapha Tossa. Et de se demander : «qu’est-ce qui justifie que le régime algérien enflamme toutes ses relations avec son environnement maghrébin et européen, au point de mettre en danger la sécurité économique et politique du pays ?».

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Selon le politologue, la seule explication est le soutien «aveugle, irraisonné des autorités politico-militaires algériennes à l’aventure séparatiste du Polisario». Cette tribune de Tossa, intitulée «Pour les beaux yeux du Polisario, Alger enflamme ses relations !», a été publié après que les autorités algériennes ont décidé de suspendre leur accord de coopération avec l’Espagne, avant de se rétracter suite à une injonction de l’Union Européenne. Tossa dit son étonnement de voir Alger prendre l’option de «revoir les liens d’amitié et de voisinage avec l’Espagne et de geler la coopération économique et bancaire. Cette décision était tellement inattendue, injustifiée et disproportionnée qu’elle a provoqué une terrible onde de choc sur l’ensemble du territoire européen».

«Prêts à brûler tous les vaisseaux pour les beaux yeux du Polisario»

«La Commission européenne s’est clairement exprimée en faveur d’un soutien solidaire avec l’Espagne et d’une incompréhension irritée à l’égard de l’attitude algérienne», souligne le politologue qui met en garde : «aujourd’hui, le discours européen envers l’Algérie se limite à une invitation ferme à revoir ce halo de rupture prôné par Alger à l’égard de l’Espagne. Demain l’équation peut changer. Ce comportement de défi et de rupture à l’égard des Espagnols est de nature à provoquer une remise en cause générale de l’ensemble des rapports de l’Union Européenne à l’égard de l’Algérie».

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«On savait ce dossier essentiel au point de devenir unique colonne vertébrale de la diplomatie algérienne, on ignorait jusqu’à présent que les maîtres d’Alger étaient prêts à brûler tous les vaisseaux pour les beaux yeux du Polisario», fait observer le politologue. Mustapha Tossa dénonce cette attitude «pyromane et suicidaire» des autorités algériennes et estime qu’un pays qui «refuse d’être considéré comme une partie prenante dans un conflit territorial devrait observer une neutralité absolue par rapport à ses portées politiques et diplomatiques. Or Alger considère le soutien de l’Espagne, ancienne puissance coloniale, de manière souveraine à la souveraineté du Maroc sur son Sahara, comme une menace vitale pour sa sécurité et ses intérêts».

«Ce choix politique inspiré par la seule haine à l’égard du Maroc»

Selon Mustapha Tossa, «pour défendre la cause perdue des séparatistes du Polisario, Alger coupe ses relations diplomatiques avec le Maroc, gèle la relation de bon voisinage avec l’Europe et provoque des tensions avec la Tunisie». Rappelant «la récente charge algérienne sur la Tunisie a pour origine une découverte algérienne selon laquelle le Président tunisien s’apprêterait à rejoindre le club de plus en plus large des pays qui reconnaissent la souveraineté du Maroc sur son Sahara», l’analyste énumère comme conséquence à l’égard d’Alger : «Isolement de plus en plus flagrant, agressivité assumée à l’égard du voisinage». Non sans fustiger, reprend Hespress, que «le régime algérien est en train d’incarner à merveille les postures d’un «Etat voyou» que ce choix politique inspiré par la seule haine à l’égard du Maroc est de nature à lui attirer les foudres de la communauté internationale».

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Pour Mustapha Tissa, l’Algérie «apparaît non seulement comme un pays qui menace, bloque les efforts de paix dans la région mais comme un acteur nocif qui menace la stabilité internationale», relevant que «cette attitude irrationnelle algérienne à l’égard de l’Espagne est une aubaine politique» pour le Maroc et «pourrait encourager les pays européens à clarifier leurs positions sur le Sahara et sortir de la zone grise longtemps cultivée par les capitales européennes».