Sahara, l’Algérie et le Maroc se crêpent le chignon à Belgrade, Rabat ignore la Kabylie


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Mohammed VI et Abdelmadjid Tebboune
Mohammed VI et Abdelmadjid Tebboune

L’opportunité de la commémoration du 60ème anniversaire du Mouvement des non-alignés, a été saisie par le Maroc et l’Algérie, pour livrer une nouvelle bataille au sujet du Sahara Occidental. Cela s’est passé, ce lundi 11 octobre, à Belgrade.

Toutes les occasions sont bonnes pour les deux pays voisins en Afrique du Nord, le Maroc et l’Algérie, pour si « tirer » dessus. C’est ce qui s’est, hier lundi 11 octobre, à Belgrade, lors de la commémoration du 60ème anniversaire du Mouvement des non-alignés, alors que les deux pays se chamaillaient sur la question du Sahara Occidental.

Au cours de son intervention, le Premier ministre algérien, Aïmene Benabderrahmane, s’est glorifié de « la position constante et de principe du Mouvement en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Mieux, il « a invité les pays membres à perpétuer ce précieux soutien, notamment dans la conjoncture sensible que traverse la cause du Sahara Occidental face à l’incapacité de l’ONU de s’acquitter de sa mission de parachèvement de la décolonisation dans ce territoire », reprend Yabiladi.

Le chef du gouvernement algérien est allé plus loin, dans son exposé, exhortant « les Nations unies et le Conseil de sécurité à assumer pleinement leurs responsabilités et à œuvrer à la relance du processus onusien afin de garantir le droit imprescriptible du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Une sortie qui concerne directement le Maroc qui n’a pas tardé à apporter la réplique, à travers son représentant permanent à l’ONU, Omar Hilale.

« La participation de l’Algérie au processus politique en tant que véritable partie responsable de la création et du maintien de ce différend régional est la seule voie pour parvenir à la solution politique souhaitée », a signifié Omar Hilale. Selon Yabiladi, le diplomate a saisi l’opportunité pour inviter l’Algérie à « assumer sa pleine responsabilité historique, abandonner les options obsolètes et enterrées, et s’engager pleinement dans le processus des tables rondes, dans un esprit de réalisme et de consensus ».

Si Omar Hilale a évoqué Tindouf, en invitant notamment la communauté internationale à agir pour contraindre l’Algérie à ouvrir ses portes au Haut-Commissariat aux Réfugiés en vue de recenser et d’enregistrer la population des camps, la Kabylie a été cette fois zappée. Alors que Omar Hilale avait plaidé pour l’autodétermination de la Kabylie, à New-York, cette question, à l’origine des dernières escalades entre l’Algérie et le Maroc, n’a pas été abordée, cette fois, à Belgrade.

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