Rwanda : que reproche-t-on à l’opposante Victoire Ingabire ?

Victoire Ingabire Umuhoza

En liberté depuis septembre 2018 après près de huit ans passés en prison, l’opposante Victoire Ingabire Umuhoza faisait l’objet de plusieurs accusations dont la conspiration contre les autorités par le terrorisme, la minimisation du génocide et la propagation des rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence. Ce week-end, son domicile a été fouillé par le Bureau rwandais d’Investigations , cherchant de preuves afin de faciliter les enquêtes en cours sur son lien présumé avec des groupes armés basés en République Démocratique du Congo.

Selon Marie Michelle Umuhoza, Responsable du Bureau Rwandais d’Investigation, la fouille du domicile de Victoire Ingabire fait suite aux révélations sur ses liens présumés avec des groupes armés qui préparent la déstabilisation du Rwanda. « Nous fouillons chez elle, sur la base des pistes que nous avons reçues d’une personne identifiée comme Munyabungingo Gaston, qui a été arrêtée alors qu’elle tentait de fuir le pays. Il a beaucoup révélé au cours des interrogatoires, impliquant Ingabire et de nombreuses autres personnes. Elle fait l’objet d’une enquête et la fouille fait partie du processus. Parfois, la fouille du domicile d’un individu est effectuée lorsque cela est nécessaire pour faciliter une enquête en cours. Il y a beaucoup plus de personnes impliquées dans cette affaire. », a-t-elle rapportée aux médias de la place.

La crainte de l’opposante !

En réaction, l’opposante de 51 ans s’inquiète de cette perquisition et dénonce des interrogatoires auxquelles elle est soumise depuis 2009 par le régime en place. « Deux agents du bureau d’investigations viennent juste de passer chez moi. Hier, ils ont fouillé ma maison. Ils ont emmené tous les appareils de communication et donc ils sont revenus pour prendre les mots de passe. Ils sont arrivés vers 16 heures et sont repartis vers minuit. Ils ont lu tous les documents que j’ai ici et puis finalement, ils ont décidé de les prendre, beaucoup de documents. Ce sont des documents relatifs à mon procès des années 2010 et 2012(…) Depuis avril ou mai 2019, je suis interrogée régulièrement sur les crimes de terrorismes. Ce sont toujours les mêmes accusations contre les opposants ici au Rwanda. Donc ça ne change pas. Ce sont toujours les mêmes accusations qui continuent aujourd’hui », a-t-elle déclarée à RFI.

Entretemps, plusieurs observateurs indiquent que la perquisition du domicile de Victoire Ingabire serait également une suite à son indignation face à la disparition de l’un des membres de son parti politique la semaine dernière. Des sources proches du Bureau rwandais d’Investigations laissent entendre que la personne disparue faisait également partie des enquêtes visant à vérifier les activités suspectes de l’opposante avec des groupes terroristes.