Rwanda : la Justice relance le débat sur l’enquête contre l’opposante Victoire Ingabire

Victoire Ingabire Umuhoza

Après la perquisition, le 13 juin dernier, du domicile de l’opposante Victoire Ingabire par le Bureau rwandais des enquêtes, le ministre de la Justice, Johnson Busingye, a relancé le débat sur l’enquête en cours contre la présidente du parti politique d’opposition Development and Liberty for All (Dalfa Umurinzi). Cité dans les colonnes du media KT press, le ministre rwandais s’est dit choqué par les critiques étrangères visant à diviser ce pays, qui s’est inscrit dans la démarche de l’unité.

Johnson Busingye explique que l’ouverture de l’enquête contre l’opposante de 52 ans est conforme aux procédures judiciaires, ajoutant que cette enquête fait suite aux présumés liens entre l’opposante et les groupes rebelles qui tentent de déstabiliser le Rwanda : « Ingabire Victoire est une ancienne détenue. Elle est reconnue coupable des infractions qu’elle a commises. Ce que vous avez vu, elle a été invitée au Bureau rwandais des enquêtes pour expliquer certaines choses, son domicile a été fouillé étant donné qu’elle est soupçonnée d’être impliquée dans des activités subversives pour déstabiliser le pays ».

Tout en exhortant les diplomates étrangers en poste au Rwanda à la compréhension des faits, avant de se lancer dans les critiques, Johnson Busingye laisse la charge au Bureau rwandais des enquêtes de poursuivre les investigations, afin de fournir  les détails sur le lien entre l’opposante et les groupes rebelles : « Je laisserai les détails au Bureau rwandais des enquêtes. Nous avons vu plusieurs analyses, à ce sujet, dans les médias. Je signale que ce sont des comportements qui vont à l’encontre de la trajectoire du Rwanda. Nous mettons en garde  tous ceux qui tenteraient de semer la division au sein du peuple rwandais ».

Pour rappel, la perquisition du domicile de Victoire Ingabire a suscité des vives réactions dont celle de  l’opposition, qui a condamné cet acte du régime rwandais visant à lancer une campagne d’intimidation contre les acteurs politiques.

A lire : Rwanda : que reproche-t-on à l’opposante Victoire Ingabire ?