Rwanda : Kagamé visé par une plainte à la CPI

Les deux plus importants partis de l’opposition rwandaise en exil et des associations de la société civile congolaise ont décidé de déposer plainte à la Cour pénale internationale (CPI) contre le président rwandais Paul Kagamé. Ils l’accusent de soutenir les mutins du M23 en conflit depuis mai avec l’armée congolaise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

L’étau se resserre chaque jour un peu plus sur Paul Kagamé. Les deux plus importants partis de l’opposition rwandaise en exil et des associations de la société civile congolaise ont annoncé qu’ils déposeront plainte vendredi 17 août à la Cour pénale internationale (CPI) contre le chef d’Etat rwandais. Ils dénoncent une fois de plus le soutien de Kigali aux rebelles mutins du Mouvement du 23 mzrs (M23), confrontés à l’armée congolaise depuis mai, dans le Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les plaignants réclament également à la CPI d’examiner le rapport de l’Onu qui affirme que le régime rwandais arme les mutins et pille les ressources minières de cette région de la RDC. Ils souhaitent l’ouverture d’une enquête sur l’implication de Kigali dans ce conflit qui a provoqué le déplacement de plusieurs centaines de milliers de personnes.

Kagamé pourrait être poursuivi par la CPI

Cette nouvelle plainte contre le dirigeant rwandais est loin d’être la première. Depuis plus de dix ans, des dizaines de plaintes, rapports et enquêtes dénoncent les crimes commis dans l’Est de la RDC. Et plusieurs chefs d’Etats africains sont visés. Les présidents rwandais, ougandais et congolais sont les premiers visés.

Sur la scène internationale, Paul Kagamé est de plus en plus isolé. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suède ont suspendu provisoirement leur aide destinée au Rwanda.

La CPI enquête, quant à elle, depuis 2004 sur les crimes commis dans l’Est de la RDC. Elle pourrait très rapidement se saisir de l’affaire. Même si le Rwanda n’a pas ratifié le traité de la CPI, cette dernière est techniquement en mesure de le poursuivre. Car la RDC, elle, a ratifié le traité, et les crimes allégués ont été commis sur son territoire.

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