Rwanda : immense scène de joie après la libération du général Karake

Un tribunal britannique a annoncé, ce lundi 10 août 2015, la libération de Karenzi Karake, général rwandais et membre des services de renseignement du pays. Ce dernier avait été arrêté à Londres, en juin dernier, et devait être extradé vers l’Espagne qui l’accuse de crimes de guerre. Le Rwanda salue la décision de la justice anglaise.

Le général Karake ne sera finalement pas extradé vers l’Espagne. Un tribunal britannique a rejeté la demande d’extradition du général rwandais Karake par l’Espagne pour son rôle présumé lors du génocide rwandais de 1994. Depuis son arrestation, en juin, à la suite d’un mandat d’arrêt lancé contre lui par le gouvernement espagnol, le général Karenzi Karake était resté en Angleterre où il bénéficiait d’une liberté provisoire. Son arrestation avait provoqué l’ire du Rwanda qui avait dénoncé « une parodie de justice ».

Le général Karake est en effet accusé par Madrid d’avoir exécuté neuf ressortissants espagnols (six religieux et trois employés de Médecins sans frontières). Les faits datent de 1994 à 2000. Ce n’est pas tout. Karenzi Karake est aussi accusé d’avoir activement pris part au génocide rwandais ayant fait plusieurs milliers de morts. Après moult tractations, le général finit par obtenir gain de cause et peut désormais rentrer chez lui.

Ce lundi, la décision du tribunal anglais est sans ambages. Le général est victime « d’un procès mal intentionné », a annoncé le juge. Aussitôt tombée, la nouvelle de sa libération suscite une immense joie chez les membres du gouvernement rwandais. Sur son compte twitter, la ministre rwandais des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, se dit « heureuse », avant d’écrire : « ce procès n’était pas nécessaire. C’était un procès abusé ».

Au Rwanda, les députés et les partisans du parti au pouvoir célèbrent une grande victoire. « En tant que parlementaires, nous accueillons cette nouvelle avec bonheur. Nous avions déjà fait part de notre angoisse et le fait d’avoir une si bonne nouvelle dans cette affaire est une victoire pour nous Rwandais », déclare Fatou Harerimana, vice-présidente du Sénat.

Pour le sénateur Tito Rutamara, le gouvernement a fait un bon travail. « Nous devons nous sentir fiers de ce que le gouvernement est en train de faire en terme de diplomatie. Le président a fait un bon travail », lance-t-il. Jeanne d’Arc Gakuba, autre vice-présidente du Sénat, parle de victoire. « C’est une autre joie et une autre victoire pour notre nation. Ce qui me rend le plus heureuse dans cette affaire est qu’aucun des 40 Rwandais inculpés ne sera arrêté pour des allégations fallacieuses ».

Pour rappel, le général Karake a été arrêté le 23 juin dernier alors qu’il était en visite à Londres. Lui et trente-neuf autres hauts responsables militaires rwandais ont été inculpés pour leur rôle durant le génocide rwandais. Déclenché en 1994, le génocide au Rwanda avait fait quelque 800 000 morts. Au début de la crise, des milices radicales Hutus assassinent, pendant trois mois, des membres de l’ethnie Tutsi. Les massacres étaient violents. Plusieurs victimes avaient été tuées à coups de machettes ou brûlées vives dans des églises.