Rwanda : 5 soldats accusés de viol et de sévices comparaissent pour la première fois

Soldats de l'armée rwandaise

Cinq soldats ont été présentés, pour la première fois, à la justice le 11 mai, au Rwanda. Ils sont soupçonnés d’avoir commis des viols et des sévices, dans l’un des quartiers pauvres de Kigali, la capitale. Leur arrestation est intervenue au début du mois d’avril, après plusieurs plaintes d’habitants dont les témoignages avaient été relayés dans la presse locale. Trente jours de détention provisoire supplémentaires ont été requis par le Procureur militaire pour boucler l’affaire.

Se fondant sur les éléments collectés par les enquêteurs, à ce niveau des investigations, le procureur militaire a énoncé, lors de cette première comparution 6 chefs d’accusation contre les prévenus. Ces derniers sont accusés de coups et blessures volontaires, violation à domicile et même vol.

Ils sont deux à être soupçonnés de viols, 3 fois au moins, et les autres ne seraient que des complices. Il est revenu que les soldats auraient eu pour complices deux agents de sécurité du quartier.

Une affaire d’ampleur nationale

Les faits auraient eu lieu à la fin du mois de mars, pendant des patrouilles nocturnes dans le quartier de Nyarutarama. Au début du mois d’avril, le ministère de la Défense s’est saisi de l’affaire, après qu’une presse locale a rapporté de nombreux témoignages d’habitants de cette zone d’habitation informelle.

Après l’arrestation des suspects, un communiqué avait été publié pour annoncer que des militaires avaient été déployés dans le quartier pour recueillir les témoignages des présumées victimes. Les sévices et les viols auraient été commis alors que les soldats patrouillaient dans le quartier. Les circonstances et les chiffres exacts de ces violences n’ont pas pu être clairement déterminés.

Des aveux involontaires

En face du panel de 3 juges qui présidait l’audience, les 5 militaires ont clamé leur innocence. Lors des interrogatoires pourtant, plusieurs d’entre eux avaient reconnu les faits, d’après l’accusation. Selon l’un des suspects, ces aveux auraient été extorqués après qu’ils ont été battus.

Malgré tout, cette première comparution a simplement pour objet la prolongation de la détention provision des suspects et ne portait pas sur le fond du dossier. La décision de la cour sur cette question sera rendue le mercredi 13 mai.

En ce qui concerne la date du procès, prévu pour se tenir en public, notamment dans la zone où ont eu lieu les faits, rien n’a encore été révélé.