Robert Mugabe divise l’Europe

Les ministres européens des Affaires étrangères n’ont pas dégagé de consensus, mardi, concernant les sanctions imposées au gouvernement d’Harare depuis un an et qui doivent prendre fin dans moins d’un mois. La Grande-Bretagne, leader des anti-Mugabe qui souhaitent prolonger les sanctions, s’oppose à la France qui a invité le président zimbabwéen au sommet des chefs d’Etat africains de Paris en février prochain.

L’Europe s’écharpe pour Mugabe. Mardi soir, les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles (Belgique) n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur la stratégie à adopter face au régime de Robert Mugabe. Depuis février 2002, et pour sanctionner les graves manquements aux droits de l’Homme, les exactions à l’encontre des opposants et les élections non-démocratiques, l’Union européenne a imposé au gouvernement zimbabwéen un embargo sur les armes et une interdiction de voyager pour le président Mugabe et 80 de ses plus proches collaborateurs.

Ces sanctions doivent prendre fin le 18 février prochain. Mais la Grande-Bretagne, soutenue par la Suède, la Hollande, le Danemak, l’Espagne et l’Allemagne, souhaite les prolonger. Or, le président français Jacques Chirac a invité Robert Mugabe à un sommet des chefs d’Etat africains qui doit se tenir du 19 au 21 février à Paris. Soit un jour après la future levée des sanctions.

Dégager un consensus

Malgré le désaccord des Etats-Unis et des pays européens, la France s’entête, arguant qu’en excluant Robert Mugabe, le sommet s’expose à être boycotté par d’autres pays africains. Le même problème se pose à Lisbonne (Portugal), qui doit accueillir en avril prochain le sommet euro-africain et qui s’est rangé mardi du côté français. Pour autant, le ministre grec des Affaires étrangères a laissé entendre que le sommet pourrait être annulé si aucun accord à propos du Zimbabwé n’était trouvé entre les Quinze.

Un juste milieu est évoqué par certains diplomates : les anti-Mugabe pourraient accepter la venue du président zimbabwéen au sommet de Paris en février si la France, en contrepartie, accepte la prolongation, voire le durcissement des sanctions. Cette délicate affaire a été confiée aux ambassadeurs européens qui doivent se rencontrer cette semaine pour dégager un  » consensus « . Elle apparaît alors que le leader de l’opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai a annoncé que plus de 1 000 de ses partisans ont été torturés en 2002 et appelé à une enquête des Nations Unies, du Commonwealth et d’Interpol.