Risque de génocide au Botswana

La Société nationale namibienne pour les droits de l’Homme (NSHR) a dénoncé la campagne systématique de terreur menée par le Botswana sur son territoire contre les groupes ethniques minoritaires des Gana et Gwi San (Bochimans).

Dans un communiqué parvenu le 14 septembre 2005 à la PANA à Dakar, la NSHR rend compte des informations diffusées par Survival International(SI), basée à Londres, au cours des huit derniers mois, pour « dénoncer ce qui apparaît comme une campagne délibérée de terreur essentiellement dirigée contre les deux groupes San ».

Elle cite également les nombreux rapports du Centre botswanais pour les droits de l’Homme (Ditshwanelo) qui a également fait part de sa profonde préoccupation du fait de la précarité de la situation des populations indigènes basarwa (ou San) du Botswana.

Quelque huit années auparavant, les deux peuples de chasseurs et de cueilleurs avaient été chassés de force de leurs terrains traditionnels de chasse situés dans la Réserve du Kalahari central (CKGR).

Ils avaient été ensuite installés dans des camps à l’extérieur de la réserve, où les moyens d’existence sont quasi-inexistants.

« Si l’on prend en considération le maintien de la peine de mort associé à la récente expulsion, motivée par des raisons politiques, du professeur australien Kennth Good ainsi que du refoulement, en décembre, de huit réfugiés namibiens, l’incessante persécution de ces deux groupes vulnérables montre le vrai visage du Botswana, considéré, à tort, comme l’un des pays les plus démocratiques d’Afrique », constate la NSHR.

Récemment, des éléments armés de la Police et des gardes
forestiers avaient lancé un raid sur les habitants Gwi et Gana du CKGR et auraient menacé d’exécuter ces derniers s’ils refusaient de quitter la Réserve, explique encore SI dans un communiqué de presse daté du 12 septembre 2005.

« Les autorités ne doivent pas faire de telles menaces. En outre, en solidarité avec nos organisations soeurs, SI et le Centre botswanais pour les droits de l’Homme, nous en appelons au gouvernement botswanais pour qu’il renonce définitivement à cette campagne de terreur contre ces populations déjà vulnérables », a indiqué Phil Ya Nangolosh, Directeur exécutif de la NSHR.

La NSHR a lancé un appel en direction des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de l’Union africaine, des Nations unies et du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) afin qu’ils « trouvent une solution à la situation des droits de l’Homme du peuple San du Botswana avant qu’il ne soit trop tard ».