Révélation : des liens étroits entre la secte Boko Haram et Al-Qaida Maghreb

Pour démontrer qu’ils n’ont pas échoué dans l’affaire de la secte Boko Haram, les services de sécurité nigérians ont multiplié les révélations. Le pouvoir politique était informé depuis 2007 et de nombreux membres de la secte ont été à «l’école du GSPC», en Algérie.

De nombreux membres de la secte de Boko Haram, écrasée récemment par l’armée nigériane dans des opérations qui ont fait plus de 700 morts, auraient été «formés» en Algérie au cours des trois dernières années dans les rangs du GSPC. Le journal The Nation indique que le State Security Service (SSS) nigérian dans un rapport remis à la présidence du pays en 2007 a identifié la secte Boko Haram et l’a classée comme «groupe religieux meurtrier».

Selon une source «haut placée», citée par le journal, l’une des conclusions du SSS nigérian est que beaucoup de membres du groupe ont été formés en Algérie. Ils auraient des liens avec le GSPC dans la région du Sud.

Selon ces révélations, un Algérien du nom de Khaled Bernaoui a été identifié comme le «sponsor» de ce groupe. Les révélations distillées par le service de renseignement nigérian sont clairement destinées à démontrer que le SSS n’a pas échoué à identifier la menace et à alerter l’autorité politique. C’est, outre la manière expéditive et sanglante dont l’armée nigériane a réglé le cas des «talibans», l’une des questions qui se posaient. En révélant l’existence d’un rapport daté de 2007, les services nigérians renvoient ces questions vers le pouvoir politique. Selon les informations rapportées par The Nation, le premier groupe de «personnes recrutées par l’Algérien sont parties s’entraîner en 2006». Selon la même source, le «neveu d’un ancien gouverneur du Nord-Est a été profondément impliqué dans la coordination de la secte. De même qu’un ancien président du gouvernement local de l’Etat du Niger». Leur plan est de «résister à l’idéologie capitaliste» et de «comploter pour prendre plus de pouvoir» et de mener des attaques suicide dans les principales villes, selon le modèle irakien. Six artificiers ont été formés sur place dans l’Etat de Borno mais la plupart des «armes et des munitions sont présumées avoir été ramenées d’Afghanistan».

«Ce n’est pas un échec du renseignement…»

Selon les services nigérians, «le groupe était lié au réseau Al-Qaïda à travers certains de ses membres comme Abdul Barah et Mohamed Al-Amin qui a été en Afghanistan et dispose de liens forts avec quelques dirigeants d’Al-Qaïda». Conclusion de la haute source au journal The Nation: «vous ne pouvez pas dire que les troubles religieux ont été un échec du renseignement, cela est loin de la vérité». A la question de savoir pourquoi les activités du leader de Boko Haram, Mohamed Yusuf, n’ont pas été stoppées à temps avant qu’il ne constitue une menace à la sécurité, ils font valoir que le SSS a arrêté, après enquête, une trentaine de membres du groupe. «Seize d’entre eux, y compris leur leader Mohamed Yusuf, ont été traduits devant une haute cour fédérale à Abuja. Mohamed Yusuf a obtenu une libération sous caution. Nous savions qu’il mènerait des représailles. Tous les rapports de sécurité le concernant ont été mis à la disposition de la Force de police du Nigeria par le SSS».

Selon la même source, l’action du SSS a été contrecarrée par des leaders musulmans qui s’en sont pris au directeur général du State Security Service (SSS), M. Afakirya Gadzama, et l’ont accusé de «chercher à humilier l’islam parce qu’il est chrétien». Pour dissiper les craintes de préjugés religieux, le patron du SSS a organisé une réunion avec de hauts dirigeants musulmans avec certains des suspects arrêtés. «Ils ont fini par admettre les conclusions des services de sécurité» et cela a aidé à calmer les esprits car les dirigeants musulmans ont «compris que les menaces étaient réelles». Les combats qui ont lieu dans le nord-est du Nigeria entre les forces de sécurité et les islamistes de la secte Boko Haram, qui signifie «l’éducation occidentale est péché», ont fait plus de 700 morts.

Par M. S., pour Le Quotidien d’Oran