Réunion : vers la fin de la canne à sucre ?

La filière de la canne à sucre réunionnaise est en crise. Les quotas et le prix garanti seront supprimés dès 2017. Les professionnels attendent donc de pied ferme le président Hollande qui sera en visite sur l’île le 21 août prochain avec, espèrent-ils, la solution au problème.

La canne à sucre réunionnaise sera-t-elle sauvée ? Les négociations pour une nouvelle convention entre planteurs et usiniers n’ont pas abouti mercredi 13 août. Elles font suite au mouvement de grève lancé le 24 juillet par les planteurs de la CGPER. Les protagonistes attendent donc des réponses de la part du chef de l’Etat, François Hollande, qui se rendra justement sur l’île, à Bois-Rouge, le 21 août prochain. A quel prix le sucre de La Réunion sera-t-il vendu en 2017 ?

Pour l’heure, le sucre de l’île bénéficie d’un prix garanti par l’Europe, dans la limite de 300 000 tonnes de production annuelle. Actuellement, la production est d’environ 200 000 tonnes, soit une garanti d’écouler entièrement la marchandise. Si une partie n’est pas vendue, l’Europe est alors tenue de l’acheter à un prix défini à l’avance. Mais les règles du jeu vont bientôt changer.

Quel avenir après 2017 ?

Accusée de concurrence déloyale, l’Europe va devoir supprimer les quotas et le prix garanti dès 2017. Le sucre réunionnais devra donc affronter la concurrence mondiale. Comme l’explique le journal Témoignages, « dans les conditions actuelles, si le niveau des subventions restait le même, la tonne de sucre réunionnais sera 200 euros plus cher que la tonne de sucre de betterave. C’est ce qu’a déclaré le président de Tereos Océan Indien à la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale. Pour compenser cette différence, l’Etat est sollicité. Le rapport parlementaire sur l’avenir de la canne demande une revalorisation de 38 millions de l’aide de l’Etat après 2017. Au total, la subvention de l’Etat devrait s’élever à 128 millions par an. »

Deux conditions doivent alors être réunies : que le gouvernement accepte d’augmenter cette aide et que la France obtienne l’autorisation de l’Europe pour la verser. Le cas échéant, « ce sera la fin de la canne à sucre à La Réunion ».

François Hollande, accompagné par son ministre de l’Agriculture, prononcera un discours le 21 août prochain à La Réunion. Près de 30 000 emplois directs et indirects ne dépendent aujourd’hui que d’une décision politique.