Rétro 2015 : terrorisme, Ebola, élections et autres putschs ratés

L’année 2015 baisse ainsi les rideaux. Mais force est de reconnaître qu’elle a été douloureuse, notamment pour la France qui a subi une série d’attaques, mais aussi et surtout pour l’Afrique, notamment le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et autre Niger qui subissent les assauts du groupe Boko Haram. 2015 aura été aussi une année électorale en Afrique où Ebola est quasiment vaincu. Tour d’horizon.

En 2015, le monde de la presse a reçu un sacré coup avec l’attentat contre le journal Charlie Hebdo à Paris, le 7 janvier, et qui avait fait 12 morts : dix journalistes et deux policiers. L’attaque, piloté par l’organisation Etat islamique, avait été menée par deux frères, les Kouachi, abattus par les forces de sécurité françaises.

Attaque kamikaze, une première en France

Deux jours après cette attaque sanglante, Amedy Coulibaly signe une prise d’otages dans une supérette cacher dans l’Est parisien. Ce fameux vendredi 9 janvier, le Franco-Malien battait cinq personnes avant d’être traqué et tué par les forces de sécurité française. L’année 2015 a vu aussi le Mali être attaqué par deux fois. Le bar restaurant La Terrasse a subi un assaut terroriste qui a fait pas moins de cinq morts dont des étrangers. Le Mali a aussi été secoué par l’attaque au Radisson Blu de Bamako ayant fait une vingtaine de morts.

L’année 2015 a été très sanglante pour la France avec notamment les attentats de Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts et 350 blessés et qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Des attaques qui auraient été planifiées en Belgique, dont le cerveau présumé, Abdelhamid Abaaoud, a été tué le 18 novembre dernier à Saint-Denis. Ce jour, pour la première fois, une kamikaze se faisait exploser en France. Cette attaque a permis de mettre au goût du jour l’efficacité du renseignement marocain qui a permis de déjouer d’autres attaques, notamment celle contre la Défense française, pilotée par Abaaoud.

La Tunisie frappée de plein fouet

L’année 2015 aura été celle des décapitations. 21 Egyptiens coptes ont en effet été décapités en Libye. Le 26 janvier, le corps du Français Hervé Gourdel décapité en Algérie est arrivé en France. Toujours en France, une première : un employé décapite son patron et tente de faire sauter une usine à gaz. Le groupe Etat islamique a aussi revendiqué, au novembre dernier, l’assassinat d’un jeune berger, affirmant qu’il était un informateur du gouvernement tunisien.

2015 aura été une année meurtrière pour la Tunisie qui a subi de plein fouet trois attaques sanglantes. D’abord l’attentat contre le musée du Bardo qui a fait 22 morts dont 21 touristes. Ensuite l’attentat au niveau d’une plage d’un hôtel de Sousse ayant conduit à la mort de 39 touristes pour la plupart des Britanniques. Puis l’attentat-suicide contre le bus de la Garde présidentielle ayant fait 13 morts dont le Kamikaze. Des attaques qui ont fini par mettre à genoux le tourisme de ce pays d’Afrique du Nord.

Boko Haram fait couler le sang

Cette année qui vient de s’achever a aussi été très meurtrière en Afrique de l’Ouest et Centrale avec le groupe terroriste nigérian Boko Haram qui, outre le Nigeria, a frappé au Tchad, au Niger, au Cameroun. L’attaque de Baga où un village du Nigeria a été rayé de la carte a débuté cette année 2015, notamment en janvier. Cet assaut meurtrier ayant fait quelque 2000 morts avait indigné et meurtri à l’international. Le 24ème sommet de l’Union Africaine ouvert le vendredi 30 janvier, en Ethiopie, à Addis-Abeba où les dirigeants africains qui y ont participé ont abordé, pendant deux jours, les questions liées au terrorisme, notamment à la lutte contre Boko Haram n’a pas empêché à la nébuleuse de se faire de plus en plus meurtrière. En effet, Boko Haram continue d’enrôler, de piller les villages et de massacrer des populations, au Nigeria, au Cameroun, au Niger et au Tchad voisin qui lui aussi a fait les frais d’attaques sanglantes du groupe dirigé par le féroce Abubakar Shekau.

Année électorale

2015 a aussi été année électorale en Guinée où Alpha Condé a été reconduit, au Togo où Faure poursuit le règne du… clan Gnassingbé, en Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara a battu plate couture l’opposition divisée, au Burkina Faso où Roch Marc Kaboré a eu l’aval de son peuple pour oublier la difficile ère Compaoré chassé du pouvoir par un soulèvement populaire. Au Nigeria aussi, Goodluck Johnatan a cédé son fauteuil à Muhammadu Buhari. Mais surtout au Burundi où la situation tend vers une guerre civile avec un pierre Nkurunziza, non content d’avoir imposé sa candidature à la Présidentielle, a, après avoir remporté le scrutin, décidé de mâter son peuple, au risque d’affronter les soldats de l’Union Africaine qui a décidé d’envoyer des troupes pour limiter les « exécutions extrajudiciaires » . En Zambie aussi, Edgar Lungu a été élu Président, le 20 janvier 2015. En Centrafrique, le scrutin n’a pas encore connu d’issu définitif. Les élections présidentielle et législative s’étant jouées le 30 décembre 2015.

Année des putschs manqués

2015, c’est aussi l’année des putschs ratés, notamment en Gambie où Yayah Jammeh, alors en voyage, a vu son palais pris d’assaut par des putschistes qui se sont confrontés à une résistance farouche des soldats de l’armée régulière qui ont fini par faire échouer la tentative. Ce putsch manqué avait donné lieu à une véritable chasse à l’homme en Gambie où Yayah Jammeh avait promis « d’éliminer les putschistes jusqu’au dernier ». deux personnes avaient été arrêtées aux Etats-Unis en rapport avec ce putsch. Il en est de même au Burundi où, Pierre Pierre Nkurunziza, qui a tenu à se présenter aux élections de son pays alors que la Constitution le lui interdit, a vu des éléments armés tenter de le destituer pendant qu’il était lui aussi en voyage. Un putsch manqué aussi qui a son lot de conséquences, notamment des arrestations en série et des exécutions.
Au Burkina Faso aussi, le patron du Régiment de la sécurité présidentielle, Gilbert Diendéré, par ailleurs proche de l’ancien Président Blaise Compaoré, a tenté de renverser le régime de transition dirigé par Michel Kafando et son Premier ministre Izaac Zida qui ont tous deux été mis aux arrêts avant d’être libérés. L’armée du Burkina sera par la suite obligée d’intervenir pour faire reculer les putschistes. Le général Diendéré capitule et sera mis aux arrêts.

Libye, Ebola, Union Africaine…

2015 a aussi été une année Ebola. Le Liberia, la Sierra Leone ont passé la quasi-totalité de l’année à lutter contre le virus Ebola. A plusieurs reprises, le Liberia a annoncé la fin de l’épidémie, pour ensuite revenir sur cette annonce. En effet, le virus y fait toujours des ravages. Par contre en Guinée, Ebola a été combattu avec succès et Alpha Condé a célébré avec son peuple, la fin de l’Ebola.

En Libye, l’Union Africaine a écarté la solution militaire et a joué sa carte pour favoriser le dialogue qui a finalement abouti à une issue heureuse. Les deux gouvernements rivaux sont en effet parvenus à signer un accord au Maroc. 2015, c’est aussi l’année où la France et le Maroc, après un an de brouilles diplomatique, ont rétabli leur coopération judiciaire. Le Président du Zimbabwe Robert Mugabe a été désigné, le vendredi 30 janvier 2015, nouveau président en exercice de l’Union Africaine pour un mandat d’un an.