Retour de tuSeo, « le grand-frère des festivals du rire congolais »

Après quatre ans d’absence des scènes nationale et internationale, le festival international du rire de tuSeo revient. Le rendez-vous est pris du 22 au 27 octobre 2012 à Brazzaville et à Pointe-Noire, pour renouer avec les arts du spectacle vivant autour du rire et de l’humour. Afrik.com a rencontré Lauryathe Céphyse Bikouta, la directrice de production du festival.

(Propos recueillis par notre correspondante)

Afrik.com : Quand va se dérouler le festival tuSeo ?
Lauryathe Bikouta :
La cinquième édition du festival du rire tuSeo va se dérouler du 22 au 27 octobre 2012 à Brazzaville et à Pointe-Noire, grâce à un nouveau partenaire associé à ce projet, Basango Point Culturel. Le lancement officiel de tuSeo 2012 a déjà eu lieu à Brazzaville, le 11 mai 2011 à l’Institut Français du Congo, avec des artistes sélectionnés de Brazzaville.

Afrik.com : Quel est le thème de cette édition, sa spécificité par rapport aux autres festivals du rire de la sous région ?
Lauryathe Bikouta :
tuSeo 2012 fait son retour sous le signe des « retrouvailles, partage et échange ». Après cette longue absence, rien de plus réconfortant que de se retrouver pour partager nos nouvelles, les différentes connaissances acquises ça et là dans nos déplacements, nos formations, nos conférences, colloques, etc. La première spécificité du festival, c’est que tuSeo aura une partie des activités à Pointe-Noire. Deuxièmement, nous nous réjouissons de voir que tuSeo n’est plus le seul événement consacré au rire, tout en étant très fier d’être le grand frère (rires). tuSeo sera aussi le rendez-vous de l’échange avec une douzaine de directeurs des festivals du rire nés au niveau de la sous région comme vous le dites. Il y a eu une très bonne réflexion à ce sujet et nous avons décidé de nous rencontrer à Brazzaville, pour discuter et travailler autour de la problématique de la formation, de la création, de la professionnalisation, de la diffusion et du financement de l’humour en Afrique. C’est une initiative de Majors André Akoa, Directeur du festival Yaoundé Fou rire du Cameroun. Après, ce sont toutes ces nouvelles activités du festival comme la présentation de Willy Zekid, un dessinateur congolais pour présenter son parcours au public de tuSeo ; un concours de photographie sur les costumes et le maquillage de scène. Un documentaire aussi est prévu sur le Nkelo ou la tchatche des sapeurs congolais. On n’oublie pas bien sûr les spectacles, conférences, projections et excursions.

Afrik.com : Il y a quatre ans le festival avait pris sa vitesse de croisière pourquoi les organisateurs ont-ils fait le choix de s’arrêter ?
Lauryathe Bikouta :
Le festival, dès le départ, était destiné à être biennal, mais, dans pour le faire connaitre on avait choisi de l’organiser annuellement. Cela nous a aidé à faire connaitre tuSeo. Preuve en est que le festival est réclamé, l’absence s’est faite ressentir. Nous poursuivons notre événement en présence du public, parce que dans le fond, rien ne s’était arrêté totalement. tuSeo travaillait en coulisses.

Afrik.com : Pensez-vous qu’avec la reprise de ces festivités, le festival aura la même renommée qu’il y a deux ans ?
Lauryathe Bikouta :
Oui, je le pense parce que le retour de tuSeo est très attendu aussi bien par le public que par les artistes qui ont hâte de retrouver la scène de leur festival. Depuis notre absence, il n’y a pas eu une manifestation à la hauteur de tuSeo à Brazzaville. tuSeo a très bien réussi à marquer le milieu culturel congolais. Je compte sur tous les inconditionnels du rire et de la bonne humeur, pour venir partager des bons moments avec nous, de répondre très présent à ce nouveau rendez-vous que nous leur avons donné.

Afrik.com : Est-ce une édition internationale ?
Lauryathe Bikouta :
Oui, tout comme les autres éditions depuis le début de cette aventure. Nous aurons le plaisir de recevoir l’Afrique, l’Europe et même l’Amérique Central (les Grandes Antilles) avec Haïti.

Afrik.com : Comment comptez-vous vous organiser pour amener le public dans les salles ?
Lauryathe Bikouta :
C’est vrai qu’il n’est pas facile de faire que le public se déplace, mais je peux dire que le festival tuSeo a un peu plus de chance de réussir. Nous avons le soutien du public, nous le considérons comme un partenaire incontournable pour notre événement. Jusque là, je ne peux pas dire que tuSeo ait à se plaindre. D’ailleurs grâce au public, nous avons réussi à payer certains spectacles rien qu’avec les entrées en salle en 2007. Toutefois, les stratégies sont en train d’être étudiées pour reconquérir le public de tuSeo après nos quelques années d’absence, mais on ne devrait pas avoir trop de problèmes. En plus, ils ont intérêt à venir, c’est un ordre… non je rigole (rires).

Afrik.com : Vous avez créé une association en France où vous êtes installée depuis quatre ans. Pouvez-vous nous en parler ?
Lauryathe Bikouta :
L’association que j’ai créée en France s’appelle Association Lenda, ce qui veut dire « réussir ». Elle se veut la vitrine de la culture africaine, congolaise dans la commune de Limay où j’habite. L’Association Lenda se donne comme mission de tisser un lien social entre les populations, par le biais des actions sociales et des activités artistiques et culturelles. C’est un acteur majeur de l’échange et de la diffusion des richesses culturels du Sud ouvertes auprès des autres peuples du monde, des professionnels et des institutions dans l’espace francophone. Lenda s’implique et prend part aux différents évènements organisés en France et dans d’autres pays. Elle noue des partenariats avec des institutions, des fondations, des ONG, des associations culturelles et sociales, des Entreprises et Etablissements scolaires. L’association est constituée des personnes d’horizons très divers qui se retrouvent autour des valeurs humaines. La mobilisation de ses bénévoles et de ses permanents lui permet de participer activement à la réalisation de ses objectifs au travers d’actions nombreuses et variées avec la participation de ses partenaires. L’association Lenda a une antenne au Congo et c’est elle qui va organiser le festival du rire tuSeo à Brazzaville.

Afrik.com : Votre association édite un journal en ligne Lenda Info. Comment est-elle reçue par la diaspora congolaise et les Congolais en général ?
Lauryathe Bikouta :
Lenda info est un outil de communication de l’association qui nous permet de rester en contact avec les autres événements, avec Brazzaville, le Congo, l’Afrique et le reste du monde. Nous avons le plaisir de constater que nos lecteurs sont intéressés aussi bien ici qu’à l’extérieur de la France. Elle nous a permis de nouer beaucoup de contacts. Actuellement, nous y présentons tous les invités de tuSeo et l’ensemble des activités attendues à cette nouvelle édition.

Afrik.com : Vous avez passé beaucoup de temps loin du Congo, quels sont vos nouveaux projets pour ce pays ?
Lauryathe Bikouta :
En effet, il a fallu que je reste quelques années loin du Congo pour comprendre à quel point j’aime ce pays. Beaucoup de choses me manquent, mes parents, ma famille, mes amis… mais le rendez-vous est pris pour octobre, les retrouvailles vont être célébrées. Et j’ai encore beaucoup de projets en têtes ! Ça ne me manque jamais (rires). Je voudrais continuer à contribuer à ma façon au développement socioculturel et économique de cette grande nation. Je suis restée en contact quasi permanent avec tout le monde, du moins via Internet et les réseaux sociaux, la télévision nationale et la presse écrite. C’est pourquoi, je voudrai lancer un appel aussi bien aux dirigeants de mon pays, qu’aux sociétés et entreprises installées au Congo. Nos initiatives privées dans le domaine des arts et de la culture doivent être accompagnées, elles ont besoin d’être soutenues. Je vois comment la culture fait vivre et participe largement à la vie touristique de la France, ce pays reçoit du monde qui vient visiter ses lieux de mémoires, les musées, les grandes bibliothèques, il y a aussi ceux qui viennent à des festivals, etc. Même ici, les festivals du rire continuent de naitre, les humoristes sont très à la mode et envahissent les médias, les salles de spectacles et les événements autour du rire. C’est pour dire que mon idée n’était pas aussi tordue qu’on me l’a fait croire au début de cette aventure. L’humour est une discipline artistique qui a droit d’avoir ses professionnels dans notre pays, il y a plusieurs choses à faire avec le rire au centre de la création.