Répression au Burkina Faso: Amnesty international appelle à « traduire les militaires en justice »

Amnesty internationale a dénoncé l’usage excessif de la force au Burkina Faso lors de la répression des manifestations fin octobre, dans un rapport paru ce jeudi.

Amnesty international a dénoncé l’usage excessif de la force de la part des militaires de la garde présidentielle burkinabè à l’encontre des manifestants exigeant le départ de l’ex-chef d’Etat Blaise Campaoré. L’organisation non-gouvernementale américaine a publié un rapport sur le sujet ce jeudi intitulé: « Qu’est-ce qu’ils avaient dans la tête pour tirer sur les gens ? ».

« Pas d’avertissement »

« Les éléments en présence semblent indiquer que les forces militaires n’ont donné que peu ou pas d’avertissement avant d’ouvrir le feu sur les manifestants. Certains d’entre eux avaient les mains en l’air et beaucoup ont reçu des balles dans le dos, alors qu’ils tentaient de fuir », peut-on lire dans le rapport.

L’actuel Premier ministre, le colonel Isaac Zida, est l’ancien numéro deux de la garde républicaine. L’organisation indique que l’ouverture du feu « sans sommation sur des manifestants pacifiques qui, de toute évidence, ne menaçaient personne, constitue une utilisation scandaleuse et inacceptable d’une force excessive, laquelle a fait de nombreux morts et des centaines de blessés », a indiqué un chercheur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’ouest, Gaëtan Mootoo.

Violente répression

« Il faut traduire en justice les soldats et leurs commandants soupçonnés d’avoir participé à ces actions ayant entraîné la mort et blessé des personnes en dehors du cadre de la loi », précise-t-il. Le bilan total officiel des manifestations du 30 et 31 octobre qui ont entraîné le départ de Blaise Campaoré est de 24 morts, dont 5 prisonniers, et 625 blessés.

Cette répression du peuple burkinabè descendu dans les rues est la plus violente que le pays ait connu depuis des dizaines d’années, conclut le texte.