Report des élections au Togo : l’UFC reste insatisfaite

Initialement prévue pour le 28 février prochain, l’élection présidentielle togolaise aura finalement lieu le 4 mars, affirme un décret d’Etat lu jeudi soir à la télévision nationale. Ce report ne satisfait pas le principal parti d’opposition, l’Union des Forces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio et Jean-Pierre Fabre.

Notre correspondant au Togo

«Un report de quatre jours ne résoudra rien. Est-ce qu’on peut reprendre la révision des listes électorales en quatre jours ? Produire les fiches d’identification qui ont manqué ? Remplacer ces cartes qu’on a dilapidées entre les mains des mineurs ? Il nous faudrait au moins un mois pour tout aplanir », estime Patrick Lawson, le 1er Vice Président du Parti de l’UFC. Pour lui, cette décision illustre la mauvaise volonté du pouvoir RPT, qui tenterait de falsifier les élections.

« Nous disons que, si rien n’est fait, nous serons obligés de suspendre la participation de nos membres aux travaux de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) », a menacé M. Lawson, précisant néanmoins que sa formation ne quittait pas la Céni pour le moment. Mais « Au cas où nos doléances ne sont pas acceptées, nous allons-nous retirer totalement du processus électoral », a-t-il martelé avant d’ajouter que « nous ne voudrions plus jouer au faire-valoir. Le pouvoir voit des pièges partout… ».

L’opposition exige la reprise de l’opération de révision des listes électorales et l’authentification des bulletins de vote afin d’éviter les fraudes. Un souhait que ne partagent pas du tout le camp présidentiel et la Commission électorale. Pourtant, des difficultés subsistent çà et là. On évoque le problème du fichier électoral définitif qui n’est toujours pas rendu public ; à cela s’ajoute la mise sur pied de nouveaux bureaux de vote que prévoit la Céni, ce qui explique sans doute le retard accusé par l’institution présidée par Taffa Tabiou.

L’opposition à pied d’œuvre

N’ayant pas trouvé de consensus aux différentes questions soulevées, mardi à Ouagadougou, par les protagonistes togolais, le président burkinabè Blaise Compaoré a préféré soumettre les doléances de l’opposition parlementaire à son homologue togolais Faure Gnassingbé. Lequel a tranché en repoussant les élections au 4 mars. Ce report de quatre jours, accueilli dans l’indifférence totale par la population togolaise, change du coup le calendrier électoral. Ainsi, la campagne, qui devait débuter samedi à zéro heure, aura lieu du 16 février au 2 mars 2009.

Du côté de l’opposition, l’on peut malgré tout souffler un peu, et continuer les négociations en vue de faire adhérer la CDPA (Convention Des Peuples Africain) et le CAR (Comité d’action pour le Renouveau), deux autres formations politiques de l’opposition, au « Front Républicains pour l’Alternance et le Changement ». Un front qui regroupe les candidats Agbéyomé Kodjo (porte-parole), le candidat recalé Koffi Yamgnane (Directeur de Campagne), et d’autres personnalités politiques et de la société civile. Tous soutiennent la candidature de Jean-Pierre Fabre de l’Union des Forces de Changement (UFC). Une coalition obtenue au forceps cette semaine à Paris sur l’initiative de François Boko, ancien Ministre de l’intérieur au Togo.