Renvoi du procès de l’assassinat de Lounès Matoub

Le très attendu procès de l’assassinat du chantre de l’amazighité Lounès Matoub, tué le 25 juin 1998, a été renvoyé ce mercredi à une date ultérieure. La demande d’une enquête complémentaire est l’une des raisons ayant motivé cette décision.

De notre correspondant en Algérie

Le tribunal criminel près la cour de Tizi-Ouzou a renvoyé à une date ultérieure le procès des assassins présumés de Lounès Matoub qui devait s’ouvrir ce mercredi. Le report du procès a été décidé pour absence des témoins – au nombre de 50, dont des militaires, des journalistes et simples citoyens – qui devaient témoigner pour éclairer la justice sur les circonstances du drame.

L’une des autres raisons du renvoi est liée à la volonté du juge d’instruction d’ouvrir une enquête complémentaire sur l’assassinat du farouche défenseur de l’amazighité, le 25 juin 1998 au lieu dit Tala Bounan, non loin de Beni Douala, sa région natale. Cette volonté de recherche de la vérité va dans le sens des doléances des proches du disparu.

« Nous ne cherchons pas à impliquer quiconque. Nous voulons seulement savoir », a expliqué Malika, la sœur du chanteur présente à l’audience de ce mercredi avec la mère et l’épouse du disparu. Malika, qui conteste des procès verbaux qui auraient été obtenus par l’usage des procédés inhumains, demande d’ailleurs toujours la réouverture du dossier.

Elle lance aussi un appel à ceux et à celles qui peuvent témoigner et permettre à la Kabylie de connaitre la vérité. Un appel suivi par le Comité pour la vérité et la justice sur l’assassinat de Lounès Matoub et la fondation qui porte son nom, qui demandent en outre la convocation et l’audition de tous les témoins de l’assassinat, la reconstitution des faits en présence des témoins de la scène et une étude balistique par un bureau d’étude indépendant.

Dix accusés doivent comparaître dans cette affaire, mais deux seulement ont été arrêtés et emprisonnés dans le cadre de l’enquête diligentée au lendemain l’assassinat. Les autres sont considérés comme étant en fuite.