Renouveau du tourisme en Casamance

Les opérateurs du tourisme casamançais ont marché mardi 22 avril à Cap Skirring pour demander au gouvernement de participer au renouveau du tourisme que connaît la région, la plus belle destination sénégalaise. Au coeur de leurs revendications, la réfection du tronçon Ziguinchor-Cap Skirring.

Les opérateurs du tourisme en Casamance, regroupés au sein d’un syndicat d’initiative et du tourisme, ont marché, mardi 22 avril, à Cap Skirring pour demander au gouvernement sénégalais une plus grande implication dans le renouveau du tourisme en Casamance. Ils ont réclamé la réfection du tronçon Ziguinchor-Cap Skirring. Ce tronçon long d’environ 75 km se dégrade fortement, notamment depuis ces deux dernières années. Le réseau Liambalang-Cap Skirring, plus du tiers du tronçon, semble le plus affecté.  » Avec l’hivernage, si rien n’est fait, l’état de cette voie pourrait mettre à mal la prochaine saison touristique « , indique Tékheye Faye, Chef de service de l’Office régional du tourisme pour la Casamance.

Les manifestants ont également revendiqué un allongement de la piste de l’aéroport et une desserte plus régulière de Cap Skirring, notamment par la compagnie nationale Air Sénégal International. Des dispositions qui devraient permettre une prolongation de la saison touristique de six à douze mois. Ce qui profiterait à la région dans tout son ensemble. Cap Skirring, en particulier, et la Casamance en général restent le fleuron du tourisme sénégalais. Leurs atouts majeurs : la diversité de l’écosystème et l’ouverture sur la mer. La saison touristique s’étend pour le moment de novembre à avril et est fortement corrélée à l’activité du Club Med.  » Alors que des infrastructures d’accueil de qualité sont disponibles toute l’année « , s’insurge Jean-Paul Fontaine, gérant-propriétaire d’un complexe hôtelier.

Tout pour plaire….sauf la route !

L’investisseur affirme qu’il existe un réel potentiel que l’état des infrastructures pénalise.  » L’Etat n’accompagne pas la promotion du tourisme en Casamance. Il semblerait que pour des raisons géopolitiques, l’Etat sénégalais concentre ses efforts sur la petite côte (centre du pays), l’alternative touristique trouvée à la Casamance en crise. Alors que le Président Wade s’est prononcé pour un tourisme qui tendrait vers le haut de gamme. Ce à quoi Cap Skirring se prête aisément. « , explique Jean-Paul Fontaine. Il avoue travailler sur un projet, en partenariat avec d’autres investisseurs, qui permettrait la réfection d’une partie de la route, environ 12 km entre Cap Skirring et Catalous, point de départ de nombreuses excursions. Son estimation : 15 000 euros, hors main-d’oeuvre locale.

Depuis deux ans, la saison touristique est pourtant officiellement lancée en Casamance, de Ziguinchor, cette année, de Cap-Skirring, l’année dernière. Cependant, pourquoi rien n’est fait pour rénover la totalité de l’axe Ziguinchor-Cap Skirring ?  » Peut être parce que toutes les entreprises ne sont pas disposées à opérer en Casamance « , remarque Tékheye Faye. Une frilosité que ne semble pas partager les opérateurs touristiques du Cap Skirring plus que jamais décidés à développer le potentiel de la Casamance. A l’instar de Jean-Paul Fontaine qui a déjà investi près de 2 milliards de FCFA dans son complexe. Un investissement que d’autres, selon lui, ont réalisé ou sont prêts à réaliser.