Rencontre Ouattara-Hollande : l’épineux dossier malien en question

Le président ivoirien Alassane Ouattara en visite privée depuis quelques jours en France sera reçu cet après-midi par son homologue Français François Hollande. La guerre au Mali devrait être le centre des discussions des deux responsables.

Le tête-à-tête entre François Hollande et Alassane Ouattara débutera ce jeudi à 16h00 heures. Très discret, comme à son habitude, le président ivoirien est déjà dans l’Hexagone depuis quelques jours. Cette visite privée serait-elle aussi pour lui l’occasion de recevoir des soins médicaux comme l’affirment les rumeurs sur l’éventuel mal qui le ronge ?

En tous cas une chose est sûre, l’épineux dossier malien sera au centre des discussions entre les deux hommes. La question de l’engagement des troupes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), présidé par Alassane Ouattara, devrait donc être mise sur la table.

Ce rendez-vous entre les deux chefs d’Etats intervient quelques jours après le début de retrait des troupes françaises au Mali. Une centaine de militaires a été désengagée. Paris affirme ne pas vouloir s’éterniser au Mali. La guerre a un coût. Seulement, la force française ne peut pas se retirer du champ de bataille sans avoir assuré la relève. Même si l’ONU s’est engagé à déployer 11 200 casques bleus dans le pays, l’efficacité des troupes de la Cedeao est toujours en question.

Les troupes de la Cedeao critiquées

Selon un haut responsable du Pentagone, Michael Sheehan, elles sont « totalement incapables » de mener l’offensive contre les groupes terroristes du Nord-Mali. Pour l’heure, « les forces de la Cedeao ne sont capables de rien », affirme-t-il, estimant que « cette situation doit changer ».

Depuis le début des opérations militaires au Mali, les Etats-Unis ont toujours fortement douté des capacités des troupes de la Cedeao, composées de 4 300 hommes, à mener à bien l’opération militaire au Mali. Les chefs d’Etats de l’organisation ouest-africaine avaient notamment été critiqués pour la lenteur du déploiement de leurs forces dans le nord-Mali.
Le président tchadien, Idriss Deby, dont les troupes (2 000 hommes), ont été jusqu’ici louées pour leur efficacité, leur avait sommé, lors d’un sommet à Yamoussoukro, capitale politique ivoirienne, fin février, d’accélérer l’envoi de leurs militaires sur le champ de bataille.

Autre sujets que les dirigeants français et ivoirien pourraient aborder : la disparition à Abidjan en 2004 du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Selon RFI, ses proches ainsi que Reporters sans frontières (RSF) ont adressé un courrier à François Hollande pour qu’il évoque cette affaire.

Le président Hollande abordera-t-il aussi le dossier épineux de la justice en Côte d’Ivoire, où jusqu’à présent, seuls les pro-Gbagbo sont mis sur le banc des accusés, comme l’indique le rapport de Human Rights Watch, publié le 4 avril ? L’organisation de défense des droits de l’Homme dénonce les promesses d’une justice équitable non tenues par le dirigeant ivoirien. L’ONG affirme qu’à ce jour aucun membre des forces pro-Ouattara ne figure parmi les 150 personnes inculpées pour des crimes commis durant les violences post-électorales de 2010-2011.