Relance de l’économie par la consommation

Achetez local et l’Etat se fera une joie de vous aider, tel est le message que le gouvernement égyptien veut faire passer à ses citoyens. La Banque Centrale a débloqué près de deux milliards de livres pour relancer la consommation.

Pour sortir son économie du marasme, le gouvernement fait appel au patriotisme et au portefeuille de ses citoyens.  » Achetez égyptien et l’Etat vous aidera « . Face à la désertion de l’Egypte par les touristes étrangers, principale rentrée en devises, le gouvernement égyptien se tourne vers son marché intérieur. Il exhorte ses citoyens à privilégier les produits nationaux. Il décide de tester la méthode keynésienne : consommer pour retrouver la croissance. La Banque Centrale a dégagé 1, 8 milliards de livres égyptiennes (437 952 741 euros) qu’elle prêtera aux banques commerciales à un taux très bas (4%). Ces dernières répercuteront les crédits de consommation à 6 %, remboursables sur deux ans. Deux conditions pour décrocher le crédit : être salarié et consommer égyptien.

Consommation citoyenne

 » Ce programme est le premier du genre en Egypte. Il englobe tous les salariés, soit quelque 19 millions de personnes. Et la Banque Centrale a imposé aux banques de ne financer que l’achat de produits nationaux « , a déclaré Khaled Abou-Ismaïl, président de l’Union des chambres de commerce, à Al Ahram. Petit bémol : l’Egypte connaît une grande inflation et les petits salaires n’arrivent pas à suivre. Le remboursement, prélevé directement sur les salaires, peut aller jusqu’au quart du salaire et n’est pas à portée des revenus modestes.

Les entreprises sont mises à contribution. Les banques leur demandent de se porter garants des crédits octroyés à leurs salariés.  » Pour garantir la banque en cas de démission de l’employé ou de sa mort, il faudra une caution d’un collègue, de l’administration ou de l’entreprise. Et la mensualité ne pourra dépasser le quart du salaire mensuel « , explique à Al Ahram Ali Negm, Pdg de la banque Delta International. L’Egypte, en récession depuis plus de trois ans, espère renouveler l’expérience si ce test trouve écho auprès de la population.