Reconquête du Nord-Mali : l’exécutif malien demande une résolution à l’ONU

L’accord trouvé ce dimanche entre la Cedeao et Bamako sur le déploiement des « forces militaires combattantes » dans la capitale malienne a débloqué la situation. L’intervention militaire au Nord-Mali semble actée. Le président de la transition Dioncounda Traoré et le Premier ministre malien, Cheikh Modibo Diarra, ont officiellement demandé ce lundi à l’ONU une résolution autorisant une attaque armée contre les islamistes affiliés à Aqmi. La réunion sur le Sahel, qui se tient ce mercredi à New-York, devrait prendre une décision.

A l’ONU de donner son autorisation pour une intervention militaire au Nord-Mali. L’accord trouvé ce dimanche entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et Bamako a débloqué la situation. Les autorités maliennes ont enfin accepté que les « forces militaires combattantes » de l’organisation ouest-africaine se déploient dans la capitale malienne. Du coup, l’imminence d’une intervention militaire au Nord-Mali est plus que jamais d’actualité. D’autant que le président de la transition Dioncounda Traoré et le Premier ministre malien, Cheikh Modibo Diarra, ont officiellement demandé ce lundi au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution validant une attaque armée contre les islamistes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

C’est Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, qui a confirmé la requête du Mali sollicitant l’aval de l’ONU. « Nous espérons que la décision sera prise rapidement. Cela fait des mois et des mois qu’on travaille là-dessus, pour la première fois il y a une espérance qui se lève », a déclaré le chef de la diplomatie française à New-York. Rappelant le danger que le Nord-Mali se transforme en « Sahelistan » (territoire de non droit et repère des terroristes de type Afghanistan), Laurent Fabius a fait savoir que la France jouera le rôle de « facilitateur » tout en laissant le soin aux troupes ouest-africaines de chapeauter l’intervention militaire. « Ce serait une faute d’être en première ligne parce que ce sont les Africains qui doivent régler leurs affaires en Afrique », a confié à la presse le patron du Quai d’Orsay.

Les modalités de l’intervention

La Cedeao et Bamako ont trouvé ce dimanche un terrain d’entente. Les autorités maliennes, y compris le capitaine Sanogo à l’origine du coup d’Etat du 22 mars, ont autorisé l’organisation ouest-africaine de déployer ses militaires dans la capitale malienne.

« Il faut saluer l’accord que nous venons d’obtenir avec nos frères maliens. Aujourd’hui, on peut dire que le Mali et la Cédéao sont en phase pour des opérations de troupes sur le territoire malien », a déclaré le ministre ivoirien de la Défense, Paul Koffi Koffi accompagné de son homologue malien, Yamoussa Camara, rapporte l’AFP. A ce dernier de préciser : « bien entendu, le quartier général (des forces militaires combattantes de la Cedeao) sera à Bamako ».

Selon les estimations, la Cedeao devrait dépêcher entre 3 000 et 3 300 militaires à Bamako. A cela s’ajoutera « du matériel mais pas des hommes, du soutien indirect à l’opération » de la part de la France, comme l’a confié ce jeudi à I-télé Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense. La France entend sauver les otages français détenus depuis 2010 au Niger par les islamistes.

Il ne reste plus que l’aval de l’ONU. La réunion sur le Sahel, qui se tient ce mercredi à New-York, devrait prendre une décision validant ou non une intervention militaire au Nord-Mali.

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