Réconciliation ivoirienne

Le forum pour la réconciliation en Côte d’Ivoire capote avant sa tenue, prévue en octobre. Les partis politiques se déchirent sur la forme, le fond étant réputé insurmontable. Plusieurs seconds couteaux des partis d’opposition commencent à réclamer le départ du président du forum, Seydou Diarra. Lui est reproché de vouloir phagocyter ces rencontres, en accueillant dans ses rangs, à tous les niveaux de l’organisation, plusieurs militants du FPI, parti au pouvoir. Selon l’opposition, cette sur-représentation des militants de Laurent Gbagbo n’a pas d’autre but que de donner au président ivoirien la stature qui lui manque dans son pays comme au plan international.

Avec son langage à l’emporte-pièce, le général Robert Gueï affirme, depuis sa résidence, que  » seuls les traîtres ne viendront pas à cette cause nationale « . Et de poser ses conditions. La tournée parisienne de Seydou Diarra était très stérile. Ni Alassanne Ouattara, ni Konan Bédié n’ont donné leur accord définitif. Le président du RDR conditionne son retour à Abidjan à la reconnaissance officielle de sa nationalité ivoirienne. Il est vrai que cette situation est des plus ubuesques. L’ancien Premier ministre, empêché de se présenter aux présidentielles et aux législatives pour non  » ivoirité  » établie, est tout de même convié à participer à la réconciliation ivoirienne.

On fait la paix avec ses ennemis. Or Abidjan risque, en ne faisant pas assez de compromis avec le RDR, premier parti aux dernières municipales, de se retrouver entre des partis que, dans le fond, rien ne sépare. Le PDCI, parti de l’ancien président Bédié, partage aujourd’hui le pouvoir avec le FPI de Laurent Gbagbo. La capitale ivoirienne se trouve acculée une nouvelle fois à l’impasse  » Tout sauf Ouattarra « . Mais la paix, c’est avec ses adversaires qu’on la fait. Le forum ne peut se passer du RDR. Octobre devrait marquer la paix des Braves. Sinon, ce sera le temps de l’exclusion. Avec tous les risques attenants.