RDC vs M23 : bataille de Goma, acte II ?

Le Mouvement du 23 mars (M23) appelle à un cessez-le-feu. La rébellion, qui affronte l’armée congolaise au Nord-Kivu depuis le mois de mai, a réclamé mercredi la signature d’un acte de paix avec les autorités congolaises, les accusant par ailleurs « de faire traîner les négociations à Kampala (la capitale de l’Ouganda) pour renforcer leurs positions dans l’Est de la RDC ». L’état-major de la rébellion menace d’arrêter les négociations en cas de refus de Kinshasa de répondre positivement à leur requête. Les autorités congolaises ont, elles aussi, peur que les rebelles reprennent la ville de Goma.

Les négociations peinent à aboutir. Depuis deux semaines, le Mouvement du 23 mars (M23) et les autorités congolaises négocient, à Kampala la capitale ougandaise, afin de trouver une porte de sortie au conflit qui frappe le Nord-Kivu. Ces tractions ont, toutefois, du mal porter les fruits escomptés. Car, aucune de deux parties semble vouloir lâcher du lest.

Le Mouvement du 23 mars a appellé à un cessez-le-feu. La rébellion, qui affronte l’armée congolaise au Nord-Kivu depuis le mois de mai, a réclamé mercredi la signature d’un acte de paix avec les autorités congolaises, les accusant par ailleurs « de faire traîner les négociations à Kampala (la capitale de l’Ouganda, ndlr) pour renforcer leurs positions dans l’Est de la RDC ». « Notre premier objectif est de signer un accord de cessez-le-feu, mais le gouvernement refuse de signer un cessez-le-feu », a déclaré Jean-Marie Runiga, chef politique du M23, par téléphone à l’AFP. L’état-major de la rébellion menace d’arrêter les négociations en cas de refus de Kinshasa de répondre positivement à leur requête.

La reprise des hostilités, c’est pour bientôt ?

A l’instar du M23, les autorités congolaises ont, elles aussi, peur d’une reprise des hostilités. Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila a, samedi, mis en garde les mutins contre une tentative de reprendre Goma (la capitale du Nord-Kivu), prévenant les ex-rebelles du Congrès national du peuple (CNDP) qu’un tel acte serait suicidaire.

La situation au Nord-Kivu « reste tendue et précaire avec des informations sur des mouvements opérés par les rebelles du M23 autour de Goma », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky, avant de signaler que la Monusco (Mission de l’ONU en RDC) a pu confirmer « la présence du M23 en plusieurs endroits du Nord-Kivu, dont Ruwindi, Kibati et la région de Masisi ».

Selon nos sources, c’est pour cette raison que Kinshasa s’oppose à un cessez-le-feu. « Ils pensent qu’il s’agit d’un piège tendu par le M23 qui s’approvisionne en armes et troupes », indique à Afrik.com notre contact sur place. « Le risque d’une reprise du conflit est bien réel, l’ONU s’y prépare d’ailleurs en faisant venir des nouveaux renforts en provenance des provinces voisines », précise-t-il.

Malgré les négociations qui se poursuivent, les deux parties se préparent donc à l’éventualité au deuxième acte de la bataille de Goma. D’où notamment la pression de Barack Obama qui a, lors d’un appel téléphonique effectué mardi, enjoint le président rwandais Paul Kagamé de cesser de soutenir les mutins du M23. Les autorités congolaises et les rebelles ont jusqu’au 31 décembre pour trouver un compris, sinon l’angoisse d’un nouveau conflit deviendra une réalité.