RDC : vers l’ouverture d’une enquête internationale sur les massacres du Kasaï

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein a appelé vendredi le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à établir une enquête internationale sur les violations graves des droits de l’homme, y compris des massacres et des crimes survenues dans les provinces du Kasaï de la République démocratique du Congo (RDC).

En mars, les corps décapités de 40 policiers ont été trouvés, ainsi que les corps de deux enquêteurs disparus de l’ONU.

Depuis août 2016, environ 1,3 million de personnes originaires des Kasaï ont été déplacées suite aux violences, alors que quelque 30.000 réfugiés ont fui vers l’Angola, a rappelé le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) dans un communiqué de presse. Au moins 42 fosses communes ont été trouvées.

Des cas d’exécutions sommaires et d’autres meurtres – y compris d’enfants – ainsi que des allégations de violence sexuelle ont été documentés depuis août 2016.

Il a été demandé au gouvernement d’accepter une enquête conjointe avant le 8 juin, faute de quoi elle demanderait une enquête internationale. a réponse gouvernementale est à ce jour est insuffisante, selon M. Zeid, compte tenu de la gravité et de la nature généralisée des violations, et du besoin impérieux de justice pour les victimes.

La flambée des violences dans les Kasaï a débuté en août 2016
« C’est le devoir souverain du gouvernement de la RDC de mener des enquêtes judicaires sur les violations des droits de l’homme commises sur son territoire et nous continuerons à appuyer le gouvernement en fournissant des conseils et un soutien technique pour la mise en œuvre de ses obligations », a déclaré le Haut-Commissaire. « Cependant, les actes odieux commis dans les Kasaï semblent être d’une telle gravité, qu’ils doivent interpeller la communauté internationale, et en particulier le Conseil des droits de l’homme. L’ampleur et la nature de ces violations et abus des droits de l’homme et les réponses systématiquement insuffisantes des autorités nationales nous obligent à demander une enquête internationale pour compléter les efforts nationaux ».

« Nous avons un devoir envers les victimes et l’obligation d’envoyer un message aux auteurs de ces crimes que nous observons cela de près et que la communauté internationale s’engage pour mettre un terme à l’impunité endémique en RDC », a-t-il ajouté.

La République démocratique du Congo a été plongée dans une crise constitutionnelle puisque le président Joseph Kabila a refusé de démissionner après que son mandat ait pris fin l’année dernière.
Un accord de succession négocié par l’Église catholique, qui verrait M. Kabila remettre le pouvoir d’ici la fin de cette année, n’a pas réussi à résoudre la crise.