RDC : tirs à l’arme lourde à Kinshasa

Les affrontements qui ont opposé, dimanche, les camps du Président sortant Joseph Kabila et le Vice-président Jean-Pierre Bemba ont repris lundi après-midi à Kinshasa, cette fois-ci à l’arme lourde. Quatorze ambassadeurs présents dans la résidence du challenger de l’actuel chef de l’Etat ont dû être évacués, lundi après-midi, par la Mission des Nations Unies et la Force européenne. Mardi matin, les tirs se poursuivaient.

L’accalmie aura été de courte de durée. Les tirs qui avaient précédé et suivi, dimanche, les résultats du premier tour de la présidentielle en République démocratique du Congo ont repris lundi après-midi, cette fois-ci à l’arme lourde, et se poursuivent ce mardi. Ce regain de tension a poussé la Mission des Nations Unies dans le pays (Monuc) à intervenir, soutenue par la Force européenne (Eufor), dont c’était la première sortie opérationnelle.

Quatorze diplomates entre deux feux

Lundi vers 15h GMT, des tirs ont été entendus aux abords de la résidence de Jean-Pierre Bemba, le challenger du Président sortant Joseph Kabila pour le second tour prévu le 29 octobre prochain. Les quatorze ambassadeurs membres du Comité d’accompagnement de la transition présents chez le leader du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) ont dû avoir la peur de leur vie. Rassemblés pour trouver une solution à l’apaisement, suite aux incidents de la veille qui auraient fait cinq morts et une dizaine de blessés, ils se sont retrouvés entre deux feux pendant quelque trente minutes.

Pour se protéger, ils se seraient abrités dans la cave du villa avant d’être secourus par la Monuc. « Ils ont été extraits de la résidence et conduits au siège de la Monuc dans un convoi de blindés avec l’appui de l’Eufor », a indiqué à l’AFP le major Hans Reichen, l’un des porte-parole de la mission onusienne. Jean-Pierre Bemba n’a, pour sa part, pas été évacué. La tension est redescendue lorsqu’il « y a eu un retrait progressif des deux parties, avec le départ des chards de l’armée congolaise », a expliqué à l’AFP Thierry Fusalba, porte-parole de l’Eufor.

Des tirs d’armes lourde et légère mardi

La provenance et la raison de ces tirs à l’arme lourde n’est pas claire, les deux camps s’accusant mutuellement, comme à l’accoutumée. « Nous allons au second tour. Nous n’avons aucun intérêt au désordre. Et nous ne lancerions sûrement pas une attaque contre des diplomates », a confié à l’AFP un proche du Vice-président. « Pour rétablir l’ordre, les services (de sécurité) ont dû entrer en action en répliquant à tous les actes de provocation que beaucoup de diplomates ont vécus par eux-mêmes », a expliqué à la même agence d’information le ministre congolais de l’Information, Henri Mova Sakanyi, partisan de Joseph Kabila.

D’aucuns estiment que la faute revient au camp Kabila. On rapporte que les chars de l’armée congolaise encerclaient la demeure de l’ex-rebelle. Selon la BBC, des responsables onusiens indiquent que des gardes présidentiels ont cherché à désarmer les militaires soutenant Jean-Pierre Bemba. Une source militaire occidentale citée par l’AFP relate également la responsabilité de la garde présidentielle dans ces affrontements.

Des chars de la Monuc ont été postés aux abords de la résidence de Jean-Pierre Bemba durant la nuit. Les Casques bleus ont entendu des tirs sporadiques. Ce mardi, l’agence Reuters a constaté des tirs aux armes lourde et légère et observé deux chars congolais se diriger vers les lieux des précédents combats. La Monuc et l’Eufor devraient rester en position pour parer à tout débordement.