
Les États-Unis ont sanctionné jeudi plusieurs sociétés minières rwandaises et leurs responsables, les accusant d’alimenter le conflit dans l’est de la RDC en intégrant aux circuits internationaux des minerais extraits dans des zones contrôlées par le M23.
Le jeudi 25 juin, l’administration du président Donald Trump a annoncé une nouvelle série de sanctions visant plusieurs entreprises minières rwandaises ainsi que des responsables du secteur de l’exploitation et du raffinage de l’or. Selon le département du Trésor américain, ces sociétés auraient participé à un réseau dec contrebande de minerais provenant de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une région en proie à un conflit armé.
Washington estime que ces minerais, notamment l’or, sont extraits dans des zones contrôlées par le mouvement rebelle M23 avant d’être acheminés vers le Rwanda, où ils seraient raffinés puis intégrés aux circuits commerciaux internationaux. Les autorités américaines considèrent que ce commerce illicite contribue au financement du conflit et alimente l’instabilité dans la région des Grands Lacs.
Des sanctions visant des personnes et des entreprises
Les sanctions prévoient notamment le gel des avoirs des personnes et des entreprises visées aux États-Unis, ainsi que l’interdiction pour les citoyens et les entreprises américaines d’effectuer des transactions avec elles.
Parmi les entreprises sanctionnées figure notamment Gasabo Gold Refinery. Son directeur général, M. Kayobotsi, et son président, M. Kalima, sont également visés. Selon l’administration américaine, ce dernier exercerait le contrôle de trois autres sociétés, elles aussi sanctionnées : Mugambira Mines Ltd, Wolfram Mining Processing Ltd et Rwinkwavu Mining Corporation Ltd.
L’Union européenne déjà active
Pour rappel, l’Union européenne avait déjà sanctionné Gasabo Gold Refinery l’année dernière en raison de son implication présumée dans l’exploitation et le commerce de ressources minières provenant de zones contrôlées par le M23.
Interrogé par la BBC en kinyarwanda, le ministre rwandais des Affaires étrangères a indiqué n’avoir, pour l’heure, aucun commentaire à faire. Cette décision marque un nouveau durcissement de la politique américaine à l’égard du Rwanda, après plusieurs mises en garde concernant le soutien présumé de Kigali au M23.
À travers ces nouvelles mesures, Washington affirme vouloir perturber les réseaux de financement des groupes armés et renforcer la traçabilité des minerais stratégiques issus de la région.
La multiplication des sanctions américaines contre plusieurs secteurs de l’économie rwandaise ouvre désormais une réelle interrogation : jusqu’où le Rwanda pourra-t-il résister à cette pression économique grandissante ? L’avenir le dira !




