RDC : RHW appelle à la libération des prisonniers politiques

Human Rights Watch a appelé, ce jeudi, le gouvernement de la République démocratique du Congo à libérer toutes les personnes détenues pour leurs opinions politiques ou pour leur participation à des activités politiques pacifiques.

L’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a appelé le gouvernement rd-congolais à libérer tous les prisonniers politiques. « Le gouvernement de la République démocratique du Congo devrait commémorer la Journée internationale des droits de l’Homme le 10 décembre en libérant toutes les personnes détenues pour leurs opinions politiques ou pour leur participation à des activités politiques pacifiques », a déclaré Human Rights Watch.

Selon Ida Sawyer, chercheuse senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch, « les tentatives récentes des autorités congolaises visant à intimider et à réduire au silence des activistes pacifiques et des opposants politiques devraient cesser immédiatement », ajoutant que « la Journée internationale des droits de l’Homme est un moment opportun pour le gouvernement congolais de renverser cette tendance inquiétante et libérer toutes les personnes incarcérées simplement en raison d’activités politiques pacifiques ».

Lors de l’un des incidents les plus récents survenu le 28 novembre à Goma, dans l’est du pays, la police a lancé des gaz lacrymogènes et a tiré à balles réelles quand une centaine de personnes ont assisté à une manifestation pacifique dénonçant le fait que le gouvernement n’ait pas mis un terme aux massacres perpétrés dans le territoire de Beni, précise l’ONG. Une adolescente de 14 ans a été blessée par balle. Les autorités ont arrêté 12 personnes, dont deux activistes d’un mouvement de jeunes, trois adolescents ainsi que quelques manifestants et spectateurs. Les adolescents ont été remis en liberté quatre jours plus tard, mais les autres demeurent en détention sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, ajoute RHW.

L’ONG déplore aussi des faits qui se sont déroulés pas plus tard que dans la journée du 28 novembre. Ce jour, un activiste du mouvement de jeunes La Lutte pour le Changement (LUCHA), qui avait organisé la manifestation, s’est rendu au cachot de la police pour apporter de la nourriture aux détenus, la police l’a interrogé pendant 45 minutes, le frappant et lui déchirant sa chemise.

« Le 30 novembre, le maire de Goma, Dieudonné Malere, et de hauts responsables de la ville et des forces de sécurité ont rencontré trois membres de LUCHA, souligne l’ONG de défense des droits de l’Homme. Des participants à cette réunion ont informé Human Rights Watch que le maire adjoint, Juvénal Ndabereye Senzige, avait accusé un activiste de LUCHA d’être « l’instigateur de troubles dans la ville de Goma sous couvert du mouvement LUCHA », l’avertissant que « si à l’avenir il y a des morts dans une manifestation, c’est toi que nous prendrons et ferons disparaître. Nous t’amènerons dans un endroit que jamais personne ne pourra trouver » ». Dans une réunion avec Human Rights Watch, le 9 décembre, le maire adjoint a toutefois nié avoir tenu de tels propos.

Et Human Rights Watch de rappeler qu’au « cours des douze derniers mois, les responsables gouvernementaux et les forces de sécurité ont réprimé les personnes qui s’opposaient aux tentatives de report du scrutin présidentiel de novembre 2016 et de prorogation du mandat du Président Joseph Kabila ».