RDC : retour sur une journée tendue à Lubumbashi, Goma, Kinshasa, Kisangani, Tshikapa, Kamina, Kananga et Mbuji Mayi

Après l’entérinement par l’Assemblée nationale, le 2 juillet dernier du choix de Ronsard Malonda comme futur président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les membres de l’Eglise catholique, l’Eglise du Christ au Congo et des acteurs socio-politiques ont haussé le ton contre ce choix, qui ne tient pas compte du consensus. Pour eux, ce choix prépare la fraude au scrutin électoral de 2023.

Dans la matinée de 9 juillet, des manifestations ont été organisées dans les villes de Lubumbashi, Goma, Kinshasa, Kisangani, Tshikapa, Kamina, Kananga et Mbuji Mayi. Pneus brulés, jeux de projectiles, chants et sifflets, militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social, parti présidentiel, d’Ensemble pour le changement de l’opposition, plateforme de l’opposition et membres de la société civile sont descendus dans les rues du pays pour dire « non » au choix porté sur la personne de Ronsard Malonda. Si dans d’autres villes l’on note l’étouffement des manifestations ou encore l’encadrement des marches par les éléments des forces de l’ordre, à Kinshasa la capitale, on dénombre trois décès, selon le bilan fait par le parti présidentiel.

« Trois personnes ont été tuées parmi nous »

En provenance du siège de l’UDPS dans la commune de Limete, en plein cœur de Kinshasa, les manifestants, qui se dirigeaient vers le palais du peuple, ont été assiégés par les éléments des forces de l’ordre. Selon un manifestant qui s’est confié à AfriK.com, Après quelques accrochages, ces éléments des forces de l’ordre ont tiré quelques à balles réelles, usant de  gaz lacrymogène pour disperser les manifestants :« Nous étions nombreux en direction du palais du peuple pour exprimer notre mécontentement contre le choix  porté sur Ronsard Malonda, en remplacement de Corneille Nanga. Ils ont tiré en l’air pour nous disperser »

Pour Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, parti cher à Felix Tshisekedi, leurs militants ont été tués par la police pendant les manifestations, dans la capitale congolaise. « Trois personnes ont été tuées parmi nous. Pour ne pas occasionner un bain de sang, nous sommes un parti au pouvoir », ajoutant que « nous disons ceci : ils sont en train de tirer. Nous allons réclamer le départ du ministre de l’Intérieur parce qu’il vient de l’UDPS. Nous rentrons à la base ».

Manifestation étouffée à Matadi,  interpellation à Goma et encadrement des manifestants par la police à Kisangani, Kamina et Lubumbashi

Cette répression est également signalée dans d’autres villes dont à Kananga, Tshikapa, Lubumbashi où la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants après un jeu de projectiles. Des témoins rapportent que plusieurs blessés ont été enregistrés dans la bousculade à Kananga. A Kamina dans la partie Sud-Est, à Kisangani dans la partie Nord, on a noté une marche pacifique sans échauffourées, alors qu’à Matadi, dans la partie Centre du pays, un dispositif de la police a étouffé la marche des militants des mouvements citoyens, et partis politiques qui ont tenté de manifester.

Munis de pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Nous nous opposons au choix de Ronsard Malonda Ngimbi imposé par le FCC », ces manifestants ont été dispersés par les éléments de des forces de l’ordre, qui a fait usage de gaz lacrymogène. Dans la ville de Goma, dans la partie Est du pays, quelques militants de l’UDPS et mouvements citoyens dont la Lucha et Filimbi ont été interpellés par la police. Des sources sur place rapportent qu’au moins 50 militants ont été interpellés et détenus pendant quelques heures avant d’être libérés

Pour rappel, à la veille de ces manifestations, Gilbert Kankonde, Vice-premier ministre par ailleurs ministre de l’Intérieur en charge des Affaires coutumières, a tenu une réunion avec les organisations des mouvements citoyens et militants des partis politiques autour de la question du choix de Ronsard Malonda à la tête de la centrale électorale. Des assises qui n’ont pas abouti à un consensus, selon les sources proches des mouvements citoyens.