RDC : retour au calme à Kinshasa

Le calme serait de retour à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo après les échanges de tirs, samedi, entre partisans de Joseph Kabila et de Jean-Pierre Bemba. Ce dernier conteste les résultats provisoires du scrutin présidentiel du 29 octobre dernier qui donnent l’actuel président victorieux.

Le calme semble être revenu à Kinshasa qui a connu, dans l’attente des résultats des élections présidentielles du 29 octobre dernier, un week-end très agité. Des échanges de tirs entre les partisans des deux prétendants à l’investiture suprême, l’actuel président, Joseph Kabila et son adversaire, Jean-Pierre Bemba ont fait six morts : cinq civils et un militaire. On compte parmi eux Raphaël Milambo et le peintre Samuel qui ont été touchés par des balles perdues. Selon le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, « la situation s’est apaisée ». Même son de cloche du côté des Nations Unies qui ont renforcé leurs positions dans la ville de Kinshasa. Mais les Casques bleus ne sont pas intervenus samedi, tout comme la Force de l’Union européenne (Eufor) en République démocratique du Congo.

Le chef de la Mission des Nations Unies en RDC (Monuc), William Swing, s’est par ailleurs entretenu avec Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Ce dernier a introduit cinq recours auprès de la Commission électorale indépendante (CEI). Il conteste les résultats partiels publiés par l’organe qui, après compilation de plus de 80% des votes, donnent Kabila victorieux, avec environ 60% des suffrages exprimés.

Violence et fébrilité à Kinshasa

Pour beaucoup de Congolais, les évènements de ce week-end ne manquent pas de rappeler ceux, tout aussi sanglants, des 20, 21 et 22 août derniers après l’annonce des résultats du premier tour des présidentielles. Samedi, tout a commencé dans la matinée quand des « shegués » (enfants de la rue), ont fait irruption dans les rues de Kinshasa. Les troupes de Jean-Pierre Bemba seraient intervenues pour les protéger des tirs de la police venue rétablir l’ordre. Pour Le Potentiel, ces violences dénotent de la fin de l’engagement commun des camps Kabila et Bemba de faire de Kinshasa une « ville sans armes ». Selon le quotidien, les deux parties s’étaient engagées à « cantonner leurs troupes avant de reconnaître le caractère apolitique de l’Armée et de la Police » et de ne pas « recourir à la violence, même en cas de contestation des résultats du scrutin ».

Le ministère de l’Intérieur pour parer à toute éventualité, semble-t-il, a décidé de déplacer plus de 300 « shegués », et plus largement des personnes vivant dans les rues de Kinshasa. Certains d’entre eux seront tansférés au centre pilote du service national de Kanyama Kasese (Katanga). Les individus concernés ont été interpellés dans la nuit de samedi à dimanche. Les derniers résultats du scrutin d’octobre dernier devraient être publiés ce soir, a confié le porte-parole de la CEI Dieudonné Mirimo, à Reuters.