RDC : quand Emmanuel Shadary donne raison à Katumbi et autres

Emmanuel Shadary

Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin de Joseph Kabila et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle en RDC, vient de faire une déclaration qui laisse penser que les opposants avaient raison de tirer la sonnette d’alarme quant aux réelles intentions du Président Joseph Kabila qui, au lieu d’organiser les élections, allait de tergiversations en atermoiements.

Dimanche 27 octobre 2019. Le secrétaire permanent du parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary, en tournée politique dans la région du Haut-Katanga, a fait des déclarations qui, sous d’autres cieux, auraient suscité le tollé général. « Ne prêtez pas attention à la rue, le PPRD a 15 gouverneurs sur 26. Kabila est chef de la puissance politique du Congo. Il a désigné Sylvestre Ilunga Ilunkamba Premier ministre, Jeanine Mabunda présidente de l’Assemblée nationale. Kabila est le propriétaire de l’Etat, il est l’acteur majeur et principal de la RDC ».

Ces propos du candidat arrivé 3e à la dernière élection présidentielle, rapportés par plusieurs médias locaux, remettent totalement en cause la nature démocratique du régime de Kabila et même de son parti qui, pourtant, porte le substantif « démocratie » dans son appellation. Le Congo de Kabila aurait-il été une monarchie absolue dans laquelle tout se rapporte au monarque ? En tout cas, ce n’est pas le régime politique prévu par la Constitution du pays.

De pareilles allégations ne devraient-elles donc pas être condamnées publiquement par les responsables du parti, en commençant par Kabila lui-même, s’ils ne s’y reconnaissaient pas ? L’absence de toute réaction de ce côté pourrait attester de la légitimité de la lutte menée par l’opposition congolaise, avec des leaders comme Moïse Katumbi qui, dès 2015, ont souligné les velléités autoritaires de l’homme fort de Kinshasa.
Léopold II, roi des Belges, reconnu propriétaire du Congo par la Conférence de Berlin (15 novembre 1884 – 26 février 1885) ferait-il des émules au XXIe siècle, et parmi les fils-mêmes du Congo ?