RDC : quand des ministres foulent au pied les instructions du Président Félix Tshisekedi

Le Président de la RDC, Félix Tshisekedi

La tendance à bloquer des décisions du Président Félix Tshisekedi semble sur le point de s’ériger en habitude chez certains ministres issus du camp de Joseph Kabila. Et c’est au niveau du ministère du Portefeuille que l’attitude s’observe souvent.

Une fois n’est pas coutume, dit-on. Mais quand un phénomène se reproduit, alors que ça ne devrait pas être le cas, on peut y voir l’instauration d’une habitude. C’est ce que l’on observe au niveau du ministère du Portefeuille en RDC où pour la deuxième fois, et sous des ministres différents, mais tous issus du FCC, des ordonnances prises par le chef de l’Etat ont été bloquées. En effet, selon des informations rendues publiques par le média congolais Politico.cd, le ministre du Portefeuille, Clément Kwete, n’a pas voulu procéder à l’installation des mandataires de quatre sociétés commerciales appartenant à l’Etat (SCPT, RVA, LMC et CADECO), nommés par Félix Tshisekedi, le 10 juin 2020. Il avait alors, dans une note, invité les mandataires sortants à poursuivre leurs activités comme si de rien n’était, foulant royalement au pied les nominations prononcées par le président de la République.

« En attendant l’accomplissement des formalités réglementaires desdites ordonnances présidentielles, notamment la notification des nominés et la tenue des Assemblées Générales Ordinaires en vue de leur nomination en qualité de membres de leurs Conseils d’administration respectifs (…), procédures frappées à ce jour de force majeure que constitue l’état d’urgence sanitaire dicté par la pandémie de Covid-19 et les restrictions des mouvements de personnes sur le territoire national qu’elles impliquent, je vous autorise à continuer de poser les actes de gestion courante de vos sociétés », a déclaré le ministre du Portefeuille, s’adressant aux mandataires sortants.

Cette outrecuidance de Clément Kwete mit hors de lui le Président Félix Tshisekedi qui aurait pris sur lui d’appeler le ministre “récalcitrant”, le lundi dernier, pour lui intimer l’ordre de s’exécuter, avant que ce dernier n’obtempère le même jour. Si du côté de la coalition CACH, on dénonce une insubordination du ministre du Portefeuille passible de sanction, au sein du FCC, un flou persiste, même s’il y a une aile qui manifeste sa surprise face à l’attitude du ministre. « Le Président Kabila était, en effet, étonné d’apprendre cette situation étrange. D’autant plus que ces nominations font suite à une entente entre nos deux dirigeants. Et qu’en plus, ce sont des ordonnances prises par le chef de l’État en concertation avec son Premier ministre. Et donc un simple ministre n’a pas le droit de s’y opposer », a confié à Politico.cd, sous anonymat, un député FCC réputé très proche de Joseph Kabila.

En tout état de cause, de pareils agissements confirment la persistance du manque de cohésion au sein de l’équipe gouvernementale, chose que le Président Félix Tshisekedi en personne avait ouvertement dénoncée, et qui avait conduit à l’organisation d’un séminaire gouvernemental à Zongo, du 27 au 28 décembre 2019. Ce faisant, le gouvernement apporte de l’eau au moulin de l’opposition qui voit en la coalition FCC-CACH, une alliance contre nature.