RDC : plusieurs centaines de personnes manifestent contre Kabila à Goma

Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues de Goma, dans le nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), pour crier leur colère contre le Président Joseph Kabila. Les manifestants l’accusent de ne pas avoir chassé les rebelles qui sèment la terreur dans l’impunité totale.

La grogne contre Joseph Kabila s’amplifie à Goma. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi contre le Président congolais dans cette localité du nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La raison de la colère de la population du Kivu, pourtant généralement réservée vis-à-vis du pouvoir : l’insécurité permanente qui règne dans la région à cause du laxisme des autorités congolaises, dénoncent-elles. Les protestataires accusent en effet le Président Kabila de ne pas avoir chassé les rebelles du M23, qui sèment la terreur constamment.

«L’enfer est dans le Kivu»

La reprise des combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 a été particulièrement sanglante. Plus de 200 morts dans les affrontements. L’Onu préoccupée par l’avancée des rebelles vers Goma, ville stratégique, s’est dite prête à envoyer une force pour mettre un terme à leur progression. La Mission de l’Onu en RDC monusco est composée de 3000 hommes. Cette brigade d’intervention, nouvelle force de maintien de la paix, est en train d’être déployée dans la région par les Nations unies. L’objectif : lutter contre les groupes rebelles et tenter de mettre fin à ce conflit qui a fait des millions de morts depuis les années 80.

Depuis la fin des années 80, date à laquelle, ce conflit a débuté, « l’enfer est dans le Kivu », disent certaines femmes originaires de la région. Riche en ressources minières. Elle est l’objet de toutes les convoitises. Les groupes rebelles, il y en plus d’une centaine, commettent des exactions contre la population dans l’impunité totale. Dans le Kivu, on tue sans cesse. On viole massivement. Même les bébés sont abusés. On lacère les vagins à coup de machette ou encore de fusil. On bousille les organes génitaux féminins. En clair, on broie tout ce qui peut permettre à la femme de donner la vie. Sous le silence de la communauté internationale. Qui pourtant sait ce qui se passe. Mais laisse faire, dénonce dans son dernier livre, «Europe, Crimes et Censures au Congo (ed.Duboiris) », consacré au conflit, le journaliste d’investigation Charles Onana. Lui aussi on l’a souvent traité de fou. Sauf qu’en attendant les tueries, viols massifs, se poursuivent dans la région. Oui dans le silence totale mais aux yeux et su de tous…