RDC : Pascal Boroto remporte la 5e édition du prix littéraire Voix d’Afriques


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Le jeune écrivain congolais Pascal Boroto remporte la 5e édition du prix Voix d’Afriques avec son roman Le nom de ma mère. À seulement 24 ans, il devient le premier auteur de la RDC à décrocher cette distinction littéraire majeure. Son œuvre, profondément personnelle, rend hommage à sa mère et aux réalités de l’Est du Congo. Une consécration qui révèle une nouvelle voix forte de la littérature africaine.

Le monde des lettres africaines a les yeux rivés sur Kinshasa ce vendredi 20 mars. Pour la première fois depuis la création de ce prestigieux concours, un auteur de la République Démocratique du Congo décroche la palme. Pascal Boroto, jeune écrivain de 24 ans originaire de Bukavu, succède aux lauréats ivoiriens, camerounais et brazza-congolais, marquant ainsi l’entrée de la RDC au palmarès du Prix Voix d’Afriques. Ce trophée, fruit d’un partenariat entre RFI, les éditions JC Lattès et la Cité Internationale des Arts à Paris, vient couronner un premier roman d’une intensité rare intitulé « Le nom de ma mère ».

Un hommage filial au cœur de la tourmente

L’œuvre primée n’est pas seulement un exercice de style, c’est un cri du cœur et un devoir de mémoire. Économiste de formation mais écrivain par nécessité intérieure, Pascal Boroto s’est inspiré de sa propre trajectoire pour bâtir son récit. Le roman est un hommage vibrant à sa mère, la célèbre journaliste Solange Lusiku, figure emblématique de la presse indépendante en RDC, disparue prématurément en 2018.

À travers ses pages, l’auteur explore le vide laissé par cette femme de courage et cherche à définir comment marcher dans les pas d’une héroïne tout en traçant son propre chemin. Pour le jury, présidé pour la seconde fois par le Prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr, la plume de Boroto a su capturer cette tension fragile entre le deuil personnel et l’engagement public.

De Bukavu à Goma, la voix des sans-voix

Le parcours du narrateur dans le roman fait écho à l’engagement social de l’auteur sur le terrain. Après avoir intégré la rédaction du journal fondé par sa mère, le protagoniste s’envole pour Goma, ville martyre de l’Est de la RDC. Ce voyage initiatique plonge le lecteur dans la réalité des camps de déplacés et des zones de conflit.

Pascal Boroto, qui a lui-même travaillé au sein d’équipes de collecte de données et fondé l’association « Les Voix des Oubliés », utilise la fiction pour donner une résonance humaine aux statistiques de la guerre. Son écriture se veut un pont entre ceux qui souffrent dans l’ombre et le reste du monde, transformant la douleur des déplacés en une matière littéraire universelle.

Un sacre printanier à l’Institut français de Kinshasa

C’est dans l’effervescence de l’Institut français de Kinshasa, où il est actuellement en résidence, que Pascal Boroto recevra officiellement son trophée ce vendredi soir. Le jeune lauréat, né en 2001, ne cache pas son émotion, lui qui avait soumis son manuscrit sur la plateforme numérique du concours seulement deux semaines avant la date limite.

En remportant cette 5e édition face à quatre autres finalistes, il bénéficie désormais d’un tremplin exceptionnel : une publication aux éditions JC Lattès et une visibilité internationale offerte par RFI. Au-delà de la récompense individuelle, ce prix célèbre l’émergence d’une nouvelle garde littéraire congolaise, prête à porter haut les couleurs d’une Afrique qui écrit ses propres vérités.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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